Célébrer la France à l’Ile Maurice, oui mais…

En cette fin du mois de septembre, l’Ile Maurice est parée de tricolores français en vue de  marquer le tricentenaire de la première colonie de peuplement du pays, celle des Français. Au programme : conférences, expositions et diverses activités. L’initiative est à saluer, mais…

 

A l’Ile Maurice, ces événements sont présentés sous l’appellation Célébrations du tricentenaire de la présence française à Maurice, soit de septembre 1715 à septembre 2015. Certes, l’initiative est à saluer car la colonisation française, avec tout ce qu’elle a apporté de bon et de mauvais, a marqué l’un des tournants de l’Ile Maurice moderne.

 

 

Mais, d’un point de vue sémiologique et sémantique, il y a un élément gênant dans cette appellation. Célébrations du tricentenaire de la présence française à Maurice (le gras est de moi). Le terme présence est incongru, car il connote une sorte d’impérialisme implicite. Oui, il y a eu des colons français qui sont arrivés, mais le terme présence connote qu’ils n’ont eu cesse d’arriver et d’être présents 300 ans durant…  Ce qui n’est pas correct. De plus, l’Ile Maurice est devenue une colonie britannique en 1810.

 

A l’expression Célébrations du tricentenaire de la présence française à Maurice, peut-être qu’il serait plus donc judicieux d’utiliser celle du 300e anniversaire du débarquement des Français à l’Ile Maurice (le gras est de moi), comme c’est le cas dans l’Hexagone :

 

Il est bon de remettre les pendules de l’histoire à l’heure. C’est le 20 septembre 1715 que le capitaine Guillaume Dufresne d’Arsel a pris possession de Mauritius, inoccupée depuis le départ des Hollandais, en 1710. Les premiers colons n’arriveront qu’en 1721.

 

Certains diront que la preuve de cette  »présence » de trois cents ans est que l’Ile Maurice est un pays francophone. Or, n’en déplaise à Rivarol, cet état des choses n’est pas dû à la prétendue beauté ou clarté de la langue française. Il résulte surtout de l’Acte de Capitulation de 1810, qui spécifiait que même si l’île était devenue une colonie britannique, les colons français pouvaient conserver «leurs religion, lois et coutumes», ce qui inclut la langue française.

 

Au fil des siècles, cette langue s’est adaptée et enrichie grâce aux diverses vagues immigratoires qu’a accueillies l’Ile Maurice. Et de là est né le français mauricien, avec ses toutes ses particularités! Je suis Mauricienne plurilingue francophone et, sans doute francophile, comme en attestent respectivement ma présence sur Mondoblog et mon parcours personnel (clin d’oeil à Tours et à la Vendée!).

 

Pour ma part, je célébrerai ce tricentenaire en publiant ce billet sur mon blog et en contribuant, à ma façon, au rayonnement de la francophonie!

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