L’Ile Maurice à la mode des smart cities

La CyberTour 1, symbole de la cybercité d'Ebène.

Il y aura du changement dans le paysage urbain mauricien! Annoncé comme l’un des grands projets du gouvernement actuel, il est prévu que pas moins d’une dizaine de villes intelligentes (smart cities) sortent de terre dans les années à venir.

 

Les principaux journaux locaux en parlent, ici et ici. Qu’est-ce qu’une smart city? Pour vendre le projet, les autorités mauriciennes ont adopté un concept en triade : work-live-play. Outre, le fait de me faire penser à David Guetta et à son fameux work hard play hard, cette triade telle qu’elle est présentée, semble quelque peu réductrice. Et pour cause, les enjeux d’une smart city vont au-delà du work-live-play.

 

Une smart city est caractérisée par son aspect multicaractère, porté par des thèmes transversaux. Les principaux éléments d’une smart city sont le gouvernement, la société civile et les technologies de l’information et de la communication (TIC). Une smart city digne de ce nom doit pourvoir à une gestion efficace de la mobilité et des transports, tout en assurant la croissance économique, ainsi que le bien-être et l’épanouissement des citadins; le tout dans un esprit de collaboration citoyenne et de développement durable, et ce avec l’aide des TIC.

 

La dernière fois qu’une ville présentée comme intelligente est sortie des terres mauriciennes remonte à 2004. Il s’agit de la cybercité d’Ebène. Je ne peux m’empêcher de faire la comparaison avec les smart cities à venir. 11 ans après la mise en opération de la CyberTour 1, quel est le visage d’Ebène?

 

 

Avec ces gratte-ciels modernes, dont la plupart sont des bureaux, Ebène est bel et bien une ville. Mon premier réflexe sur place : vérifier la disponibilité d’un signal Wi-Fi public et gratuit. Réponse : passons. Ebène c’est surtout un labyrinthe d’innombrables voitures. Il y en a tellement que des espaces censés être verts se transforment en parkings, que les doubles lignes jaunes s’effacent pour accueillir les quatre roues et que les flèches sur la route perdent leurs sens :

 

Des espaces censés être verts se transforment en parkings.
Des espaces censés être verts se transforment en parkings.

 

Les doubles lignes jaunes s'effacent pour accueillir les quatre roues.
Les doubles lignes jaunes s’effacent pour accueillir les quatre roues.

 

Les flèches sur la route perdent leurs sens.
Les flèches sur la route perdent leurs sens.

Aujourd’hui en 2015, en quoi Ebène est-il plus intelligent que les autres villes mauriciennes? En quoi est-il plus smart pour quelqu’un de travailler à Ebène au lieu de la capitale Port-Louis, par exemple?
Ebène est très loin de ce qui se fait ailleurs en matière de smart. À titre d’exemple, je citerai Amsterdam et son projet de Flexible Street Lighting. Celui-ci permet l’évaluation, le contrôle et la modification de l’éclairage des lieux publics en temps réel. Autres exemples : la disponibilité des parkings libres ou de l’itinéraire des transports en commun en temps réel, ou encore des panneaux sur les autoroutes indiquant des éventuels bouchons (causés par des accidents ou autres incidents) en temps en réel…
L’Ile Maurice est encore loin de cela. Dans un pays où les autoroutes sont à moitié plongées dans le noir à la nuit tombée et où la plupart des transports en commun sont indisponibles après 21 heures, il y a du « progress » à faire.

 

L’initiative est certes à la portée du pays, mais la route vers les smart cities risque d’être très longue…

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