Clic sur la francophonie numérique

L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a rendu public, le 3 novembre dernier, un rapport sur la Francophonie numérique. Préparé par l’Institut du Droit de l’Espace et des Télécommunications (Idest), ce document permet de faire un état des lieux du français en ligne en 2016.

Comment se porte la francophonie numérique ? Bien, mais elle aurait pu aller encore mieux si on en croit les auteurs du Rapport sur la Francophonie numérique 2016. Selon eux, des progrès ont été réalisés dans le développement de l’écosystème numérique au sein de l’espace francophone, mais quelques défis subsistent.

En effet, certaines améliorations peuvent être apportées, surtout en matière d’intégration des pays en voie de développement, de sociétés de l’information, de l’intelligence et des biens communs numériques. Selon le rapport, ces défis peuvent être relevés au moyen des quatre axes stratégiques d’intervention suivants :

1. Accompagner l’innovation pour l’intégration des pays en voie de développement (PED) dans l’économie numérique.
L’entrepreneuriat des jeunes dans le secteur du numérique, ainsi que le développement de l’économie numérique devraient être encouragés dans les PED.

2. Édifier des sociétés de l’information ouvertes, transparentes et démocratiques en francophonie.
La mise en place de e-gouvernements et l’émergence de la participation citoyenne ont un rôle important. Par ailleurs, les politiques nationales pour des données ouvertes sur internet devraient être promues. Il est en de même pour la sécurité, les libertés et la confiance dans l’univers numérique.

3. Développer l’intelligence numérique au service de la diversité et du partage.
Il s’agit de soutenir le partage des ressources et la contribution des acteurs francophones. L’intelligence numérique vise aussi à contribuer à l’émergence d’une gouvernance de l’internet qui favorise la diversité culturelle et linguistique. Cette gouvernance requiert que les états soient accompagnés pour la mise à niveau de la réglementation, de la législation et de la régulation du secteur du numérique.

4. Produire, diffuser et protéger les biens communs numériques
La production et la promotion de contenus francophones sont ici encouragées, tout comme l’est l’émergence de nouveaux modes d’expression numérique. Il s’agit également de contribuer à la défense du domaine public et des biens communs de la connaissance.

Quid de l’Ile Maurice ?

Mon pays, l’Ile Maurice, s’en sort plutôt bien selon le Rapport sur la Francophonie numérique 2016. Le document avance qu’en Afrique Orientale, Maurice est le seul État membre de l’OIF qui affiche un indice IDI supérieur à la moyenne mondiale (un indice de 5,41 pour Maurice, contre une moyenne mondiale de 5,03). L’indice IDI (soit l’ICT Development Index) est une valeur repère composée de 11 indicateurs, qui a pour objectif de suivre et de comparer les progrès accomplis en matière de technologies de l’information et de la communication.

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Le Rapport sur la Francophonie numérique 2016 commente toutefois que Maurice figure parmi les pays francophones à ne pas avoir amélioré son classement sur l’indice de préparation aux réseaux (en anglais : Networked Readiness Index). Cet indice mesure 143 économies selon leur capacité à se tenir prêtes à utiliser et tirer parti des TIC, et suggèrent que l’écart entre les économies les plus performantes et les moins performantes ne cesse de s’élargir. Les seuls États qui n’ont pas amélioré leur classement sont Maurice (45e), le Caucase et l’Ex-République yougoslave de Macédoine.

Par ailleurs, Maurice a la chance de ne pas pâtir de la fracture numérique qui affecte l’Afrique francophone. Cette dernière, dans son ensemble, présente une fracture numérique régionale avec une concentration de l’activité de l’Internet et de l’infrastructure à Maurice, au Maroc, en Égypte et aux Seychelles.

Cependant, la fracture numérique est bel et bien réelle à l’échelle mondiale. Pour en venir à bout, il nous faut désormais «œuvrer (…) à l’émergence d’une société de l’information démocratique, inclusive, ouverte et transparente où les pays francophones, notamment du Sud, maîtrisent pleinement les transformations induites par les TIC et s’insèrent dans l’économie numérique mondiale dans la perspective du développement durable, équitable et solidaire», préface Adama Ouane, Administrateur de l’OIF.

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Télécharger le rapport ici.

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