Safer Internet Day : protégez-vous !

Aujourd’hui est célébré le «Safer Internet Day». D’origine anglosaxone, cette journée existe depuis 2004 et vise à promouvoir un meilleur internet.

 
C’est un fait incontestable. L’avènement d’Internet et des nouvelles technologies a fait voler en éclats les notions de barrières physiques et géographiques, mais a aussi bouleversé notre façon de communiquer et de consommer. Cependant, chaque changement apporte son lot d’avantage et d’inconvénients.

 
Justement, c’est en vue de sensibiliser sur les méfaits et dangers d’Internet qu’a été crée le Safer Internet Day. Il s’agit d’un événement mondial, organisé par le réseau européen Insafe /Inhope pour la Commission européenne. Célébré dans 110 pays en 2015, le Safer Internet Day s’est imposé comme un rendez-vous mondial en matière d’éducation au numérique et d’e-sécurité.

 
Qu’en est-il de Maurice ? Les internautes mauriciens sont-ils suffisamment conscients des dangers qu’ils encourent en ligne ? Selon Ish Sookun, membre du ICT Advisory Council, la réponse est non. «Les gens utilisent Internet passivement, mais ne sont pas internet literate. Soyez conscients de ce que vous faites en ligne et ne faites pas confiance à tout le monde ou à n’importe qui», déclare-t-il. Selon l’expert en informatique, un énorme et nécessaire travail d’éducation à Internet doit être fait, par les parents, mais aussi par les éducateurs.

Le contrôle parental est essentiel pour un Internet plus sûr.
Le contrôle parental est essentiel pour un Internet plus sûr.

Ces propos sont corroborés par Subramanian Moonesamy, repésentant de l’association Mauritius Internet Users. «La situation à Maurice est telle qu’il y a très peu d’encadrement pour l’internaute mauricien moyen ou pour les jeunes. Il n’y a pas suffisamment d’informations sur l’efficacité réelle des campagnes de sensibilisation relatives à un safer internet», explique-t-il. Preuves de presse locale à l’appui, Subramanian Moonesamy énumère à titre d’exemple, onze cas d’usurpation d’identité, de détournements de mineurs, de chantage et de violence sexuelle et/ou conjugale, entre autres, tous liés à Internet et/ou aux réseaux sociaux.

Selon lui, ces onze cas qui ont été rapportés dans la presse ne sont que le sommet de l’iceberg. Subramanian Moonesamy maintient que de nombreux Mauriciens sont victimes de délits en tout genre en ligne. Il y a le cas du Ramsomware : un logiciel malveillant crypte délibérément les données de l’ordinateur ou du smartphone d’un individu. Ce dernier doit alors fournir une rançon dans un lapse de temps prédéfini afin d’avoir à nouveau accès à ses données.

D’autres exemples sont le sextortion et le revenge porn. Dans le premier cas, un prédateur arrive à convaincre la victime de lui envoyer des photos et/ou vidéos à caractère sexuel. Il utilise ensuite ces éléments pour faire du chantage à la victime. Le prédateur menace de rendre ces éléments publics et soutire de l’argent à sa victime. Dans le cas du revenge porn, un individu publie ouvertement des photos et/ou vidéos sexuellement explicites de son ancien(e) partenaire, sans le consentement de ce(cette) dernier(ère), et ce dans le but de lui nuire et de se venger.
De nombreuses personnes sont également victimes de phishing ou de hammeçonnage. C’est la technique utilisée par des fraudeurs pour obtenir des renseignements personnels dans le but de d’une usurpation d’identité. La technique consiste à faire croire à la victime qu’elle s’adresse à un tiers de confiance — banque, école, administration, etc. — afin de lui soutirer son mot de passe, son numéro de carte de crédit, etc.
Un autre exemple d’arnaque en ligne consiste à demander à la victime d’envoyer de l’argent via transfert de fonds, en guise de caution ou d’avance pour l’achat d’un produit ou d’un service. Une trentenaire a été victime de ce genre de fraude : on lui a volé Rs 50 000 via Moneygram. «En octobre 2015, j’avais repéré une annonce sur le site d’un journal en ligne relative à la vente d’une voiture à Rs 50 000. Le vendeur m’avait demandé un virement Moneygram. Je me suis renseignée auprès de plusieurs banques de l’île et toutes m’ont dit qu’il n’y avait aucun problème», explique-t-elle, sous couvert de l’anonymat.

Suite à l’extorsion de ses Rs 50 000, la jeune femme est allée porter plainte au CCID. Mais cet exercice s’est avéré surprenant. «Bann ofisier ti pe riy mwa. Au lieu de m’aider, ils se sont moqués et m’ont demandé comment j’avais fait pour tomber dans une telle arnaque», relate la jeune femme. Elle soutient que malgré sa démarche et les deux heures passés au CCID, aucun suivi n’a été fait concernant sa plainte. Et elle n’a jamais retrouvé ses Rs 50 000.

Même si elle est demeurée vaine, la démarche de la trentenaire est à saluer. Subramanian Moonesamy du Mauritius Internet Users regrette qu’il existe une sorte de tabou ou de fatalisme concernant les délits d’Internet. En effet, surtout concernant les cas de sextorsion et de revenge porn, il semble que les gens ont peur d’aller de l’avant, peur de porter plainte, peur du regard des autres et du quand-dira-t-on. Subramanian Moonesamy déplore l’absence d’une structure vers laquelle ces victimes peuvent se tourner et se confier.

En ce Safer Internet Day, soyez vigilants en ligne et faites-en une habitude quotidienne. «Soyez septique de tout ce que vous voyez sur Internet, et ce afin de ne pas être déçu. Assurez-vous que vos ordinateurs et smartphones soient correctement mis à jour», conseille notre interlocuteur.

Le fait de parler et de communiquer permettra également un Internet plus sûr, pour petits et grands, car nul n’est à l’abri. «Toute victime d’usurpation d’identité, de sextortion, de revenge porn ou de tout autre crime en ligne, doit porter plainte à la police. Les enfants doivent aussi être encouragés à parler à leurs parents s’ils sont gênés par quelque chose qui s’est passé en ligne», conclut Subramanian Moonesamy

6 commentaires sur “Safer Internet Day : protégez-vous !

  1. Bonjour Carole,

    Et oui !
    De nos jours internet devient une plateforme très intéressante pour les escrocs, hormis les demandes de rançons pour tels ou tels faits, le pire doit être selon moi l’usurpation d’identité.
    Une fois les papiers officiels réédités, pas facile de prouver notre bonne fois !

    Les personnes les plus vulnérables sont certainement les enfants et les adolescents qui affichent leur vie privée sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter sans se préoccuper des conséquences car les publications deviennent propriétés des plateformes, même un compte supprimé conservera les informations dans la base de données.

    Même nous adultes devons rester vigilants ! Nous sommes responsables de ce que l’on écrit, des images et vidéos publiées, à nous de ne pas divulguer des informations compromettante et d’enseigner à nos enfants les dangers d’internet.
    Il y a eu des cas de suicides d’adolescents ne supportant plus les moqueries de leurs camarades sur les réseaux sociaux, c’est très grave !

    J’encourage le «Safer Internet Day» c’est une très bonne initiative.
    Je ne savais pas que cette journée existait depuis 2004, déjà 12 ans !

    Merci pour ce billet Carole.

    Mathieu

  2. L’internet est actuellement facilement accessible pour toutes les personnes, qu’elles soient petites ou grandes. De ce fait, je pense que même si les sensibilisations auprès des personnes matures sont réalisées, il reste encore les petits qui utilisent Internet. En effet, ces derniers y ont accès mais ne connaissent pas les éventuels conséquences des fausses manipulations ou des clics qu’ils effectuent. Donc, même si nous sommes responsables de nos actes, les enfants eux ne le sont pas.

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