Le lait, cette vache à traire ?

Il existe bel et bien une Journée mondiale du lait! Lancé en 2001 par la FAO, cet événement est célébré annuellement le 1er juin. Zoom sur l’industrie laitière.

Cela fait 15 ans depuis que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, soit la FAO, a lancé la Journée Mondiale du lait. Elément essentiel au sein d’une alimentation saine et équilibrée, le lait est aujourd’hui au coeur d’une vaste industrie qui connaît aussi ses crises. Un jeune éleveur producteur laitier français nous en parle.

«L’industrie laitière compte les producteurs et les transformateurs, et les affineurs en ce qui concerne le fromage. Aujourd’hui, la production se porte mal car il y a une surproduction. En cause, plusieurs facteurs : la fin des quotas laitiers en France, l’embargo russe sur les produits de l’Europe, ce qui inonde le marché européen de lait. Les Allemands, qui avaient un marché pour la Russie, bradent désormais leur lait et les industriels de produits transformés en profitent», constate-t-il.

Notre interlocuteur produit environ 60 000 litres de lait par mois, pour 53 vaches en production. Le lait «frais», directement trait d’une vache, peut-il être bu par l’Homme ? «Il peut être bu, mais pas commercialisé. Le lait part par camion citerne dans une laiterie, où il est pasteurisé, écrémé ou demi-écrémé, puis mis en bouteille. Il pourra aussi être transformé par la suite, en fromage ou en poudre», explique l’éleveur.

C’est d’ailleurs ce lait en poudre, qu’il soit de France, d’Australie ou de Nouvelle Zélande, qui atterit ensuite dans les rayons de supermarchés de l’Ile Maurice. Bien qu’il existe quelques producteurs laitiers locaux, c’est le lait importé (en poudre ou reconstitué) qui est principalement consommé par les Mauriciens. Le lait peut parfois ici s’apparenter à un véritable or blanc. Shimee, jeune maman d’enfants en bas âge témoigne. «Le lait n’est pas accessible au Mauricien moyen à cause du prix, qui est excessivement cher. Dans certains cas, comme le lait infantile coûte cher, je donne du lait pour adulte ou de l’eau sucrée aux bébés. Je pense qu’il faut plus d’importateurs. La qualité est là, mais le prix exagéré. Difficile pour une famille de classe moyenne», avoue-t-elle.

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Rayon de boîtes de lait en poudre dans un supermarché mauricien.
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Le lait reconstitué importé de divers pays est aussi très consommé à l’Ile Maurice.

En effet, les coûts de production auxquels s’ajoutent les frais d’importation ont une incidence directe sur le porte-monnaie des consommateurs. De plus, chaque pays a ses normes en matière de production laitière. «En France, elles sont très contraignantes et imposent des coûts de production assez élevés», explique notre producteur.

A l’occasion de cette Journée mondiale du lait, il souhaite faire passer ce message. «On aimerait vivre dignement de notre travail et être mieux considéré par le grand public. Toutes les crises sont dures, il faudra les surmonter en travaillant autrement pour réduire nos coûts de production», conclut-il.

1 commentaire sur “Le lait, cette vache à traire ?

  1. Bonjour Carole,

    J’apprécie ton billet, il reflète bien la réalité du moment, avec la crise que les éleveurs subissent. Ainsi que les industriels ayant des marges confortables, ne permettent par au consommateur de « profiter » de ce cours bas.

    Bonne journée.

    Mathieu

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