Sociolinguistique: pour une année 2020 plus inclusive

Article : Sociolinguistique: pour une année 2020 plus inclusive
5 janvier 2020

Sociolinguistique: pour une année 2020 plus inclusive

Et voilà, 2019 est désormais derrière nous, cédant la place à la belle 2020. Oui, il y a quelque chose de beau avec 2020, c’est comme si on aurait reçu un 20/20 au lycée. Sauf qu’en 2020, tout est encore loin d’être parfait, et les clichés ont la vie dure. D’où mon souhait: que l’année 2020 soit plus inclusive!

Si l’on parle souvent des fake news qui sont relayées par les médias, force est de constater que l’on évoque beaucoup moins les clichés qui sont véhiculés par ces mêmes médias, du moins à l’Ile Maurice. Un exemple, grande fut ma surprise en lisant ce matin dans un dominical mauricien “Sale temps pour la ménagère! » 

Grande fut ma surprise en lisant ce matin dans un dominical mauricien “Sale temps pour la ménagère! »

Pour une meilleure compréhension, replaçons d’abord cet article dans son contexte : un cyclone s’est récemment abattu sur l’Île Maurice, et une des conséquences de cet évènement est la hausse du prix des légumes vendus au marché. Certes, il est important de parler de ce phénomène dans un hebdomadaire de grand tirage, mais le titre de cet article pose tout de même problème.

Pourquoi “la ménagère ? » Pourquoi pas “Sale temps pour les consommateurs » ?  Quelques individus croient-ils encore que faire la cuisine, acheter les légumes au marché et/ou tenir une maison n’est qu’une affaire de femme ? Quelle déception ! Cette titraille relève d’un pur cliché sexiste qui ne devrait plus exister en 2020.  Il est grand temps que les médias prennent conscience de l’importance de l’utilisation d’un langage inclusif, afin d’éviter de véhiculer des stéréotypes sexistes.

Je reprendrais ici la définition de la Stratégie sur la parité des sexes des Nations Unies: Par langage inclusif, on entend le fait de s’exprimer, à l’oral comme à l’écrit, d’une façon non-discriminante, quels que soient le sexe ou l’identité de genre de la personne dont on parle ou à qui l’on s’adresse, sans véhiculer de stéréotypes de genre. Comme la langue a le pouvoir de faire évoluer les attitudes culturelles et sociales, l’emploi d’un langage inclusif est un bon moyen de promouvoir l’égalité de genre et de lutter contre les préjugés

Voici quelques éléments pour mettre en œuvre cette stratégie onusienne inclusive:  

1. Éviter les stéréotypes sexistes et les expressions discriminatoires ou à connotation négative. 

2. Désigner les femmes adultes que par « Madame », et ne plus faire de distinction entre « Mademoiselle » et « Madame », qui mettent l’accent sur le statut marital d’une femme.

3. Ne pas rendre visible le genre des personnes dont vous parler quand cela est possible.

Pour conclure, je dirai qu’à New York, le contexte et les mentalités se prêtent merveilleusement bien à une société inclusive ! Mais à l’Ile Maurice après mon aventure onusienne, c’est la douche froide. Malheureusement, les choses sont nettement différentes et rétrogrades. Pas plus tard qu’hier, j’ai été témoin d’une scène hallucinante. Une femme adulte s’adresse poliment à une autre en lui disant “Madame XXX »; cette dernière visiblement vexée corrigea alors la première: “C‘est Mademoiselle XXX ». (!).  Navrant et choquant comme réaction !

Sur ce, Mesdames, Mesdames et Messieurs, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une merveilleuse année 2020. Gardons espoir !

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