Elorac

12 mars : Mauricianiser ce qui vient de l’Ile Maurice

En ce samedi 12 mars 2016, l’Ile Maurice fête ses 48 ans d’indépendance et ses 24 ans d’accès au statut de République. Depuis le début du mois de mars, les quadricolores mauriciens fleurissent et les nababs du marketing en profitent.

Point de répétition. En ce jour anniversaire de l’indépendance de l’Ile Maurice, je n’écrirai pas à nouveau sur l’histoire de mon pays ainsi que sur ma fierté d’être Mauricienne, comme dans mon billet de l’année dernière. L’un des points de départ de ce billet a été ce tweet perspicace d’une jeune Mauricienne à propos du Zinger Zasar :

twitter-ile maurice-mondoblog

Le Zinger Zasar (traduction créole du mot achard, un condiment épicé à base de fruits ou de légumes) n’est qu’une petite touche mauricienne ajoutée au sandwich d’une marque internationale de restauration rapide à base de poulet frit :

zilmoris-ile maurice-mondoblog-zinger

Que l’on mauricianise un fast-food venu d’ailleurs, pourquoi pas? Mais la question que je me pose est : pourquoi ne pas mauricianiser ce qui vient de Maurice?

Je prendrai un unique exemple : le sucre. L’Ile Maurice et ses champs verdoyants de canne à sucre, cette image n’est pas un cliché. Le sucre est bel et bien présent dans l’ADN historique et économique de l’île, tout comme dans l’ADN génétique des Mauriciens. (Le pays connaît un taux élevé de diabète, avec 220 000 cas repertoriés en 2015, selon l’International Diabetes Federation.)

Bref, tout cela pour dire que le sucre est l’un des produits les plus mauriciens qui soit. On s’attendrait donc légitimement à trouver du sucre mauricien, à prix mauricien, dans les supermarchés mauriciens. Mais à ma grande surprise et à ma grande honte, ce n’est pas le cas.

Ironiquement, le sucre le moins cher en supermarché mauricien vient de… Thailande! (approximativement Rs. 30 le kilo). Le sucre mauricien, lui, peut aller jusqu’à approximativement Rs. 134 le kilo. Pour vous aider à mieux vous situer, il faut compter Rs. 40 pour un euro… Autre ironie, une raffinerie mauricienne importe même du sucre du Brésil pour le travailler et ensuite le revendre en Afrique ou en Asie…

Le sucre importé de Thailande, vendu à approximativement Rs. 30 le kilo à l'Ile Maurice.
Le sucre importé de Thailande, vendu à approximativement Rs. 30 le kilo à l’Ile Maurice…
...Alors que le prix du sucre mauricien peut, lui, atteindre, le double.
…alors que le prix du sucre mauricien au kilo peut, lui, atteindre le double.(Photos en date du 11/03/16)

En ce 12 mars 2016, les Mauriciens sont innondés de prospectus quadricolores. Le fil rouge étant, bien entendu, le mauricianisme. Mais comment ne pas s’empêcher d’entrer dans une colère bleue en voyant les prix de certains produits mauriciens?

Mais bon, Mauricien konn tracé. Donc autant rire jaune que d’être vert de rage!

Bonne fête nationale à tous les Mauriciens!


Safer Internet Day : protégez-vous !

Aujourd’hui est célébré le «Safer Internet Day». D’origine anglosaxone, cette journée existe depuis 2004 et vise à promouvoir un meilleur internet.

 
C’est un fait incontestable. L’avènement d’Internet et des nouvelles technologies a fait voler en éclats les notions de barrières physiques et géographiques, mais a aussi bouleversé notre façon de communiquer et de consommer. Cependant, chaque changement apporte son lot d’avantage et d’inconvénients.

 
Justement, c’est en vue de sensibiliser sur les méfaits et dangers d’Internet qu’a été crée le Safer Internet Day. Il s’agit d’un événement mondial, organisé par le réseau européen Insafe /Inhope pour la Commission européenne. Célébré dans 110 pays en 2015, le Safer Internet Day s’est imposé comme un rendez-vous mondial en matière d’éducation au numérique et d’e-sécurité.

 
Qu’en est-il de Maurice ? Les internautes mauriciens sont-ils suffisamment conscients des dangers qu’ils encourent en ligne ? Selon Ish Sookun, membre du ICT Advisory Council, la réponse est non. «Les gens utilisent Internet passivement, mais ne sont pas internet literate. Soyez conscients de ce que vous faites en ligne et ne faites pas confiance à tout le monde ou à n’importe qui», déclare-t-il. Selon l’expert en informatique, un énorme et nécessaire travail d’éducation à Internet doit être fait, par les parents, mais aussi par les éducateurs.

Le contrôle parental est essentiel pour un Internet plus sûr.
Le contrôle parental est essentiel pour un Internet plus sûr.

Ces propos sont corroborés par Subramanian Moonesamy, repésentant de l’association Mauritius Internet Users. «La situation à Maurice est telle qu’il y a très peu d’encadrement pour l’internaute mauricien moyen ou pour les jeunes. Il n’y a pas suffisamment d’informations sur l’efficacité réelle des campagnes de sensibilisation relatives à un safer internet», explique-t-il. Preuves de presse locale à l’appui, Subramanian Moonesamy énumère à titre d’exemple, onze cas d’usurpation d’identité, de détournements de mineurs, de chantage et de violence sexuelle et/ou conjugale, entre autres, tous liés à Internet et/ou aux réseaux sociaux.

Selon lui, ces onze cas qui ont été rapportés dans la presse ne sont que le sommet de l’iceberg. Subramanian Moonesamy maintient que de nombreux Mauriciens sont victimes de délits en tout genre en ligne. Il y a le cas du Ramsomware : un logiciel malveillant crypte délibérément les données de l’ordinateur ou du smartphone d’un individu. Ce dernier doit alors fournir une rançon dans un lapse de temps prédéfini afin d’avoir à nouveau accès à ses données.

D’autres exemples sont le sextortion et le revenge porn. Dans le premier cas, un prédateur arrive à convaincre la victime de lui envoyer des photos et/ou vidéos à caractère sexuel. Il utilise ensuite ces éléments pour faire du chantage à la victime. Le prédateur menace de rendre ces éléments publics et soutire de l’argent à sa victime. Dans le cas du revenge porn, un individu publie ouvertement des photos et/ou vidéos sexuellement explicites de son ancien(e) partenaire, sans le consentement de ce(cette) dernier(ère), et ce dans le but de lui nuire et de se venger.
De nombreuses personnes sont également victimes de phishing ou de hammeçonnage. C’est la technique utilisée par des fraudeurs pour obtenir des renseignements personnels dans le but de d’une usurpation d’identité. La technique consiste à faire croire à la victime qu’elle s’adresse à un tiers de confiance — banque, école, administration, etc. — afin de lui soutirer son mot de passe, son numéro de carte de crédit, etc.
Un autre exemple d’arnaque en ligne consiste à demander à la victime d’envoyer de l’argent via transfert de fonds, en guise de caution ou d’avance pour l’achat d’un produit ou d’un service. Une trentenaire a été victime de ce genre de fraude : on lui a volé Rs 50 000 via Moneygram. «En octobre 2015, j’avais repéré une annonce sur le site d’un journal en ligne relative à la vente d’une voiture à Rs 50 000. Le vendeur m’avait demandé un virement Moneygram. Je me suis renseignée auprès de plusieurs banques de l’île et toutes m’ont dit qu’il n’y avait aucun problème», explique-t-elle, sous couvert de l’anonymat.

Suite à l’extorsion de ses Rs 50 000, la jeune femme est allée porter plainte au CCID. Mais cet exercice s’est avéré surprenant. «Bann ofisier ti pe riy mwa. Au lieu de m’aider, ils se sont moqués et m’ont demandé comment j’avais fait pour tomber dans une telle arnaque», relate la jeune femme. Elle soutient que malgré sa démarche et les deux heures passés au CCID, aucun suivi n’a été fait concernant sa plainte. Et elle n’a jamais retrouvé ses Rs 50 000.

Même si elle est demeurée vaine, la démarche de la trentenaire est à saluer. Subramanian Moonesamy du Mauritius Internet Users regrette qu’il existe une sorte de tabou ou de fatalisme concernant les délits d’Internet. En effet, surtout concernant les cas de sextorsion et de revenge porn, il semble que les gens ont peur d’aller de l’avant, peur de porter plainte, peur du regard des autres et du quand-dira-t-on. Subramanian Moonesamy déplore l’absence d’une structure vers laquelle ces victimes peuvent se tourner et se confier.

En ce Safer Internet Day, soyez vigilants en ligne et faites-en une habitude quotidienne. «Soyez septique de tout ce que vous voyez sur Internet, et ce afin de ne pas être déçu. Assurez-vous que vos ordinateurs et smartphones soient correctement mis à jour», conseille notre interlocuteur.

Le fait de parler et de communiquer permettra également un Internet plus sûr, pour petits et grands, car nul n’est à l’abri. «Toute victime d’usurpation d’identité, de sextortion, de revenge porn ou de tout autre crime en ligne, doit porter plainte à la police. Les enfants doivent aussi être encouragés à parler à leurs parents s’ils sont gênés par quelque chose qui s’est passé en ligne», conclut Subramanian Moonesamy


Ile Maurice: en mémoire des victimes de l’Holocauste

Ce mercredi 27 janvier marque la Journée mondiale en mémoire des victimes de la Shoah. Bien que cette journée ne soit pas commémorée à l’île Maurice, ce fut l’occasion pour moi de découvrir une page encore méconnue de l’histoire grâce à l’unique «cimetière juif» de mon pays.

Entrée du carré juif du cimetière Saint Martin.
Entrée du carré juif du cimetière Saint Martin.

La Shoah. J’ai vécu toute mon enfance et une grande partie de mon adolescence à ne pas connaître ce mot. Nichée dans ma petite île de l’océan Indien, mes préoccupations d’alors étaient loin des atrocités de la Deuxième guerre mondiale. Tout en sachant vaguement que des juifs avaient été déportés dans mon île à cette période, ce n’est que des années plus tard que je m’y suis intéressée.

Comment ces personnes, nées en Europe à des kilomètres de là, ont-elles atteri à l’Ile Maurice ? Selon le Beau-Bassin Jewish Detainees Memorial and Information Centre, plus de 1,500 juifs fuyant l’Europe nazie et voulant atteindre la Palestine furent déclarés immigrants illégaux par les autorités britanniques. On les envoya alors vers l’Ile Maurice, à l’époque colonie britannique, où ils furent détenus pendant presque cinq ans – soit toute la durée de la Deuxième guerre mondiale. Beaucoup d’entre eux sont décédés de la malaria, de la fièvre typhoide ou d’autres maladies tropicales. Certains ont préféré se suicider.

gate1

Ils arrivèrent à Maurice le 26 décembre 1940 avant d’en repartir le 12 août 1945, ou de mourrir sur place.  Les autorités britanniques présentes à Maurice décidèrent de confiner ces juifs à la prison de Beau-Bassin, de crainte que des espions nazi aient infiltré le contingeant d’immigrants. Il y eut deux camps séparés : l’un pour les hommes et l’autre pour les femmes et les enfants.

Plan du camp de détention des juifs à la prison de Beau-Bassin.
Plan du camp de détention des juifs à la prison de Beau-Bassin.

Les femmes marriées avaient cependant réussi à obtenir un laisser-passer pour visiter leur époux. 60 bébés sont nés pendant la période de détention de ces juifs. Peu à peu la petite communauté s’était organisée et malgré leur internement au camp, participait à diverses activités culturelles dans l’île :

Un des détenus juifs, le Dr Heller, avait même participé à une exposition à Curepipe.
Un des détenus juifs, le Dr Heller, avait même participé à une exposition à Curepipe.

Aujourd’hui, le camp des juifs à la prison de Beau-Bassin a été détruit, et il ne reste qu’un vestige de cet épisode peu connu de l’Holocauste : il s’agit du carré juif situé au cimetière Saint-Martin. Ils sont 130 personnes à y reposer – dont 128 ex-détenus Juifs de divers pays d’Europe et deux civils, dont Isia Birger.

Homme d’affaires originaire de Lithuanie, ce dernier était le seul juif présent dans l’île avant l’arrivée des détenus de l’Holocauste. Isia Birger sera le lien entre les détenus juifs, l’admnistration coloniale britannique et le South African Jewish Board of Deputies, organisme qui gère aujourd’hui le carré juif de Saint-Martin.

Isia Birger a marqué la petite communauté juive mauricienne, mais également le paysage économique local. Son nom demeure encore très connu en 2016, notemment grâce à son entreprise éponyme autrefois appellée Blanche-Birger, aujourd’hui devenue Birger. A sa mort en 1989, Isia Birger – bien qu’étant un civil – a demandé à être inhumé au sein du carré juif, en compagnie des détenus décédés qu’il avait autrefois cotoyés.

birger

Toutes les tombes juives du cimetière, à l’exception de deux d’entre elles, sont alignées, face tournée vers Israel. Cependant, deux ne le sont pas. On raconte que ce sont les officiers mauriciens de la prison de Beau-Bassin, peu familiers aux coutumes juives, qui ont enterré ces deux morts ainsi…

Les deux premières tombes du cimetière qui ne regardent pas vers Israel.
Les deux premières tombes du cimetière, contrairement aux autres, ne regardent pas vers Israel.

Sur chaque tombe figurent des inscriptions en hébreu gravées dans la pierre, ainsi qu’une plaque en granite. Là aussi, on dit que ces inscriptions contiennent beaucoup d’erreurs car elles ont été gravées par des tombalistes mauriciens qui ne parlaient pas hébreu… Ce n’est que bien plus tard que des plaques en granite ont été offertes par le South African Jewish Board of Deputies.

Ile maurice-mondoblog-juif

Ces plaques contiennent de nombreuses informations sur les défunts. On y trouve leur nom, la date de décès selon le calendrier grégorien, puis la même date selon le calendrier hébraique, l’age du défunt, son pays de naissance et le pays duquel il s’est embarqué pour venir à Maurice.

Comme le veut la tradition juive, j’ai moi aussi déposé un caillou en hommage à ces détenus et à toutes les victimes de l’Holocauste. M.H.D.S.R.I.P.

caillou


Petite visite à l’Ile Rodrigues, princesse de l’océan Indien

Mon premier billet de cette année 2016 sera doux et léger. Je vous invite à voyager avec moi… Cap sur l’île Rodrigues!

Bienvenue dans une île où les gens prennent le temps de vivre. L’Ile Rodrigues se trouve au coeur de l’océan indien, soit à  560 km à l’est de l’Ile Maurice. Elle n’est pas très grande et s’étend sur une superficie de 109 kilomètres carrés. Rodrigues fait partie de la République de Maurice, mais elle est autonome depuis octobre 2002.

J’apprécie beaucoup l’Ile Rodrigues. On peut y accéder par bateau ou après deux heures d’avion de l’Ile Maurice. Qu’est-ce que j’aime tant à Rodrigues ?

Port-Mathurin : une capitale humaine et chaleureuse

Je ne peux imaginer une visite à Rodrigues sans un petit détour à Port-Mathurin et à son fameux marché. La capitale se trouve au nord et abrite aussi la principale gare de bus de l’île. Je dirais qu’un voyage en bus à Rodrigues est un must ! Le trajet se fait au rhytme du séga (et cette fois c’était le fameux Dipain Griyé), et ne soyez pas étonnés si une dame demande un arrêt improvisé pour récupérer un ourite sec en cours de route. Le tout se fait sans stress et dans la bonne humeur!

Vue de Port Mathurin, la capitale de Rodrigues. Crédit photo: M. Garreau
Vue de Port Mathurin, la capitale de Rodrigues. 
La principale gare routière de Rodrigues est située à Port Mathurin. Crédit photo: M. Garreau.
La principale gare routière de Rodrigues est située à Port Mathurin.
Voyage en bus en musique et en toute quiétude. Crédit photo: M. Garreau.
Voyage en bus en musique et en toute quiétude.

 

Pays de l’artisanat
Qui dit Rodrigues dit aussi chapeaux rodriguais! Et avec un soleil qui cogne dès 7 heures du matin, avoir un chapeau à Rodrigues est presque une question de survie. Ces chapeaux faits de plantes comme le vacoa ou le vétiver représentent l’artisanat rodriguais par excellence. Outre les chapeaux, des paniers, des dessous de plats, des bijoux et gravures sur noix de cocos sont également des production de l’artisanat local. De nombreux Rodriguais vivent de l’artisanat et viennent également vendre leurs productions à l’Ile Maurice où elles sont très appréciées.

Vente corbeilles, paniers, chapeaux et autres produits artisanaux rodriguais. Crédit photo: M. Garreau.
Vente corbeilles, paniers, chapeaux et autres produits artisanaux rodriguais. 

La cuisine rodriguaise

Les aliments et plats de Rodrigues sont tellement succulents qu’ils figurent en troisième position dans mon hit-parade culinaire international ! Parmi les spécialités rodriguaises que je préfère sont les ourites secs (pieuvres qui sèchent naturellement sous le soleil torride de l’île)  et les saucisses (qui sèchent aussi au soleil), le poisson (frais ou séché), le calamar, ainsi que les piments confits et achards (condiments épicés à base de fruits ou de légumes) en tout genre.

Un de mes gros gros pêchés mignons : le fameux ourite sec de Rodrigues! Crédit photo: M. Garreau.
Un de mes gros gros pêchés mignons : le fameux ourite sec de Rodrigues! 
Les saucisses de Rodrigues: tout simplement irrésistbles! Crédit photo: M. Garreau.
Les saucisses de Rodrigues: tout simplement irrésistbles! 
Les succulents achards de fruits ou de légumes et autres piments confits promettent de dynamiser vos repas! Crédit photo: M. Garreau.
Les succulents achards de fruits ou de légumes et autres piments confits promettent de dynamiser vos repas! 

Agriculture et nature pittoresque

L’agriculture a une place importante à Rodrigues. Le maïs et les harricots rouges sont largement cultivés et sont des aliments de base. Bien qu’ils aient d’autres occupations professionelles à côté, les habitants de l’île élèvent souvent boeufs, poulets, cabris et cochons et autres volailles. Les animaux qui paissent paisiblement au bord de l’eau, dans les terres sur les pentes escarpés font partie intégrante du quotidien rodriguais. L’île est magnifique et surtout très propre. Anse aux Anglais, Port Sud Est ou encore Les paysages rodriguais sont à en couper le souffle :

Une scène magique de la vie rodriguaise, avec ce cabri blanc au bord des falaises. Crédit photo: M. Garreau.
Une scène magique de la vie rodriguaise, avec ce cabri blanc au bord des falaises.
Les Rodriguais accordent une place importante à l,agriculture. Crédit photo: M. Garreau.
Les Rodriguais accordent une place importante à l,agriculture. 
La nature rodriguaise est pittoresque et paradisiaque. Crédit photo: M. Garreau.
La nature rodriguaise est pittoresque et paradisiaque.
Un paysage de carte postale... Crédit photo: M. Garreau.
Un paysage de carte postale… 

Un billet est loin d’être suffisant pour partager avec vous tout ce que j’ai à dire sur Rodrigues. Il y a tant à raconter et à découvrir sur ce petit paradis. A bientôt pour la suite 🙂


From Dakar with love

La récente formation des Mondoblogueurs à Dakar au Sénégal a été une belle aventure. Retour sur une expérience unique!

17 heures de vol et quatre plateaux repas

C’est au terme de longues heures d’avion et de moultes (més)aventures que la plupart d’entre nous avons débarqué à la terre promise. La palme revient à Mahmoud blogueur de Mauritanie qui a battu le record du plus long vol, soit 30 minutes de Nouakchott à Dakar!

Pour ma part, c’était 17 heures, escale excluse. Et comme le hasard, ou les organisateurs, font bien les choses, j’étais assise à côté d’Emmanuelle, Mondoblogueuse qui vit au Sri Lanka. L’occasion pour moi de découvrir un nouvel univers et d’entrer dans l’ambiance Mondoblog sans descendre de l’avion!

Ces 17 heures, je les ai aussi passé à photographier mes quatre plateaux repas et à regarder Mission Impossible, à (re)regarder Les 4 Fantastiques et surtout à (re)(re)regarder la Reine des Neiges….

plateau dakar senegal mondoblog

plateau repas2 dakar senegal mondoblog

Libérée et délivrée du stress du départ, bagage en main et sac au dos, je peux enfin dire bonjour à Dakar!

Manger au bol

Non, je ne savais pas ce que c’était que de manger au bol! Ce fut ma grande découverte, et ce dès ma première nuit à Dakar. Pour résumer, nous sommes tous attablés et avons une cuillère mais pas d’assiette! Et pour cause, le repas est servi dans un immense  »bol » et chacun y pioche. A Thialy, notre pied à terre le temps du séjour, nous avons tous les soirs mangé au bol. Pour moi qui ne connaissais pas, je m’y suis rapidement habitué! C’est une manière très conviviale de partager un repas!

manger au bol dakar mondoblog

 

Poulet yassa, tiep, attiéké…

Après les plateaux repas de l’avion, les repas au bol, place maintenant aux plats eux mêmes! Comme le dit Roger de Dakar, le tiep, soit le riz, est roi au Sénégal. Moi qui vient d’une île dite exotique, j’ai découvert de délicieux plats aux noms et aux noms encore plus exotiques, et surtout je me suis mis à aimer les oignons (yassa oblige)! Les plus marquants pour moi ont été l’attiéké (à base de manioc), la dibiterie et le succulent poulet yassa que je n’ai pas hésité à reproduire :

poulet yassa dakar senegal mondoblog

 

Formation et émission radio

Après avoir parlé de repas et de nourriture en long et en large, revenons à des choses plus sérieuses. Mondoblog à Dakar, c’était aussi la rencontre des différents blogueurs de la plateforme pour une formation dans une superbe ambiance avec une super équipe!

Je suis ravie d’être arrivée au bout des ateliers radios et d’avoir participé à l’émission de l’Atelier des médias. Je salue au passage Jean-Christ de Côte d’Ivoire,  mon binome pour l’émission. Merci à tout ceux qui sont venus nous raconter leurs expériences et projets, dont Clément Abaifouta et Xuman et son super JT rappé:

Le fameux car rapide

Un de mes coups de coeur lors de ce séjour à Dakar a été le car rapide. Bien que je n’y ai jamais voyagé, cette sorte de minibus décoré, très coloré et souvent plein à craquer fait partie du paysage dakarois. J’en ai photographié autant que possible, mais la tâche n’a pas toujours été facile, car comme l’indique son nom, le car rapide s’en va rapidement!

car rapide dakar senegal mondoblog

Cette semaine à Dakar a été exceptionnelle! Nous avons beaucoup appris et fait d’enrichissantes découvertes. Vive la communauté des Mondoblogueurs!

 


Tchad: Espoir après la dictature d’Hissène Habré

Une fois n’est pas coutume, ce billet sera consacré à un événement hors des côtes mauriciennes. Le procès contre l’ex-dictateur tchadien Hissène Habré se tient actuellement à Dakar, au Sénégal. Mes amis Mondoblogueurs et moi avons écouté le témoignage d’un rescapé de cet enfer.

Clément Abaifouta, Président de l'Association des victimes du régime d'Hissène Habré.
Clément Abaifouta, Président de l’Association des victimes du régime d’Hissène Habré.

Le fossoyeur. C’était le surnom de Clément Abaifouta pendant ses quatre années d’emprisonnement sous le régime dictatorial d’Hissène Habre. Son rôle quotidien : enterrer les nombreux détenus morts victimes de tortures, de violence, de maladie ou de faim, entre autres. La machine à tuer d’Hissène Habré aurait fait 40, 000 morts selon les estimations d’une commission d’enquête tchadienne.

Clément Abaifouta est aujourd’hui le Président de l’Association des victimes du régime d’Hissène Habré. En compagnie d’Henri Thulliez, Chargé de mission à Human Rights Watch, Clément Abaifouta est courageusement et dignement revenu sur les atrocités que ses semblables et lui ont vécues dans les geôles de la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS), police politique et répressive d’Hissène Habré. Le régime dictatorial a duré huit ans, soit entre 1982 et 1990.

Les séquelles de l’horreur sont à jamais gravées dans l’âme et l’existence de Clément Abaifouta. «Je suis un homme complètement brisé. Les cauchemars suite à ma détention persistent jusqu’à aujourd’hui», raconte-t-il. Clément Abaifouta estime parfois être comme un mort-vivant. Il avoue qu’il ne se souvient parfois même pas du nom de ses propres enfants. «Hissène Habré a utilisé le tissu social pour diviser et subdiviser la population tchadienne. Et cela persiste, les gens sont devenus très méfiants», témoigne l’ancien prisonnier.

Mais l’homme ne compte pas vivre dans le passé et se bat pour la justice. «Je reviens de très loin. Cette lutte nous la faisons pour l’Afrique et aussi au-delà de l’Afrique, nous la faisons pour l’Histoire», déclare Clément Abaifouta avec détermination. Il projette de publier un livre et attend la fin du procès de l’ex-dictateur pour l’achever.

Ce procès s’est ouvert à Dakar le 20 juillet 2015. Selon Human Rights Watch, il s’agit d’un tournant historique, car «c’est la première fois au monde qu’un ancien chef d’État est poursuivi par des juridictions d’un pays étranger pour graves violations des droits de l’Homme». «Ce procès peut être vu comme un test qui pourrait mener à la création d’une cour panafricaine», estime Henri Thulliez, Chargé de mission à Human Rights Watch pour l’affaire Hissène Habré.

Pour lui la tenue même de ce procès est synonyme de réussite. «Ce qui est fort, c’est que des gens du fin fond du Tchad ou du fin fond de leur cellule comme Clément ont réussi à faire de sorte à ce que ce procès ait lieu. Ils témoignent et rappellent à Hissène Habré, ainsi qu’à tous les dictateurs du monde qu’un jour ou l’autre, ils risquent de faire face aux personnes qu’ils ont tenté d’assassiner. C’est déjà une bonne leçon de justice», déclare Henri Thulliez.

Le message de Clément Abaifouta pour la jeunesse africaine et mondiale est également orienté vers la justice. «Le moment est venu pour la jeunesse de bâtir une stratégie et de s’engager afin que l’impunité, ou qu’elle se trouve, soit éradiquée. La jeune génération doit contribuer à réécrire l’histoire», conclut-il.

Pour ma part, bien que je vive loin des réalités tchadiennes, je ne peux rester insensible aux atrocités du régime d’Hissène Habré. Je salue le courage de tous les rescapés qui ont témoigné lors du procès. Je remercie également Clément Abaifouta pour son témoignage.


Île Maurice : regards sur les livres en kreol

Avec le Festival International Kreol 2015 et les débats autour du kreol au Parlement, cette langue est au coeur de l’actualité mauricienne. A l’approche des fêtes, zoom sur les livres écrits en kreol.

Si le kreol éprouve des difficultés à faire son entrée officielle au Parlement, il n’a pas de mal à se trouver dans les rayons des librairies. En effet, un nombre croissant de livres écrits exclusivement ou partiellement en kreol sont disponibles sur le marché. Avec les fêtes de fin d’années qui approchent à grands pas, offrir un livre écrit en cette langue peut être un beau présent.

Pour Alain Ah-Vee de la librairie Book Lover de Ledikasyon pou Travayer, la littérature en kreol est actuellement dans une dynamique de croissance. « Literatir en kreol pe kontinye develop ek context aktyel favorab. Kreol in rent dan lekol ek linn krée ene dinamik de valorisation de la langue ek de kreativite. Mauritius Institute of Education pe bizin bann oter ki ekrir en kreol. Boukou profeser ek paran vinn rod bann liv dan nou libreri », déclare-t-il. Notre interlocuteur estime que 75 à 80 % des livres de Book Lover sont en kreol et le reste est en français ou en anglais.

Amandine Pernot, qui s’occupe de la communication et du marketing à la librairie Le Trèfle, estime elle aussi que la littérature en kreol est un créneau porteur.« Le domaine de la littérature créolophone évolue et attire de plus en plus de clients. Les lecteurs sont très curieux. Ce qui attire, ce sont surtout les sirandannes et les petites histoires sous forme de nouvelles », explique-t-elle.

Sont disponibles en kreol : des bandes dessinées, des nouvelles, des romans des livres jeunesses, des recueils de poèmes, des livres sur l’économie, entre autres. Et comme le déclarent nos interlocuteurs, le succès est au rendez-vous. Le fait que le kreol soit une langue endogène mauricienne semble y être pour beaucoup.

« La première année où je suis partie en France pour mes études, je n’ai pas hésité à mettre le Dictionner Kreol et un livre en kreol dans mes valises. Mo ti extra kontan et très fière de faire découvrir la langue de mon pays à mes amis issus des quatre coins de la planète, et aussi à mes professeurs de la fac », explique Christabelle, étudiante mauricienne. Pour elle, les livres écrits en kreol sont des ambassadeurs de la culture mauricienne, mais aussi des instantanés uniques de la vie locale.

Depuis l’Etude sur le patois créole mauricien publié par Charles Baissac en 1880, le kreol a connu une évolution croissante au fil des années, si bien qu’il possède aujourd’hui graphie et dictionnaire. En franchissant l’étape de l’écriture, le kreol se voit ouvrir un boulevard de possibilités en terme de publications. Les amateurs de lecture en tout genre trouveront facilement leur compte car les livres en kreol sont accessibles à toutes les bourses. Chez Book Lover de Ledikasyon Pou Travayer, ils sont proposés à partir de Rs. 10 et et à la librairie Le Trèfle à partir de Rs 300.

Les livres ont le pouvoir d’ouvrir les esprits, d’apprendre et de faire rêver et voyager. L’écriture et la littérature en kreol semblent avoir un bel avenir.


L’Ile Maurice à la mode des smart cities

Il y aura du changement dans le paysage urbain mauricien! Annoncé comme l’un des grands projets du gouvernement actuel, il est prévu que pas moins d’une dizaine de villes intelligentes (smart cities) sortent de terre dans les années à venir.

 

Les principaux journaux locaux en parlent, ici et ici. Qu’est-ce qu’une smart city? Pour vendre le projet, les autorités mauriciennes ont adopté un concept en triade : work-live-play. Outre, le fait de me faire penser à David Guetta et à son fameux work hard play hard, cette triade telle qu’elle est présentée, semble quelque peu réductrice. Et pour cause, les enjeux d’une smart city vont au-delà du work-live-play.

 

Une smart city est caractérisée par son aspect multicaractère, porté par des thèmes transversaux. Les principaux éléments d’une smart city sont le gouvernement, la société civile et les technologies de l’information et de la communication (TIC). Une smart city digne de ce nom doit pourvoir à une gestion efficace de la mobilité et des transports, tout en assurant la croissance économique, ainsi que le bien-être et l’épanouissement des citadins; le tout dans un esprit de collaboration citoyenne et de développement durable, et ce avec l’aide des TIC.

 

La dernière fois qu’une ville présentée comme intelligente est sortie des terres mauriciennes remonte à 2004. Il s’agit de la cybercité d’Ebène. Je ne peux m’empêcher de faire la comparaison avec les smart cities à venir. 11 ans après la mise en opération de la CyberTour 1, quel est le visage d’Ebène?

 

 

Avec ces gratte-ciels modernes, dont la plupart sont des bureaux, Ebène est bel et bien une ville. Mon premier réflexe sur place : vérifier la disponibilité d’un signal Wi-Fi public et gratuit. Réponse : passons. Ebène c’est surtout un labyrinthe d’innombrables voitures. Il y en a tellement que des espaces censés être verts se transforment en parkings, que les doubles lignes jaunes s’effacent pour accueillir les quatre roues et que les flèches sur la route perdent leurs sens :

 

Des espaces censés être verts se transforment en parkings.
Des espaces censés être verts se transforment en parkings.

 

Les doubles lignes jaunes s'effacent pour accueillir les quatre roues.
Les doubles lignes jaunes s’effacent pour accueillir les quatre roues.

 

Les flèches sur la route perdent leurs sens.
Les flèches sur la route perdent leurs sens.

Aujourd’hui en 2015, en quoi Ebène est-il plus intelligent que les autres villes mauriciennes? En quoi est-il plus smart pour quelqu’un de travailler à Ebène au lieu de la capitale Port-Louis, par exemple?
Ebène est très loin de ce qui se fait ailleurs en matière de smart. À titre d’exemple, je citerai Amsterdam et son projet de Flexible Street Lighting. Celui-ci permet l’évaluation, le contrôle et la modification de l’éclairage des lieux publics en temps réel. Autres exemples : la disponibilité des parkings libres ou de l’itinéraire des transports en commun en temps réel, ou encore des panneaux sur les autoroutes indiquant des éventuels bouchons (causés par des accidents ou autres incidents) en temps en réel…
L’Ile Maurice est encore loin de cela. Dans un pays où les autoroutes sont à moitié plongées dans le noir à la nuit tombée et où la plupart des transports en commun sont indisponibles après 21 heures, il y a du « progress » à faire.

 

L’initiative est certes à la portée du pays, mais la route vers les smart cities risque d’être très longue…


Célébrer la France à l’Ile Maurice, oui mais…

En cette fin du mois de septembre, l’Ile Maurice est parée de tricolores français en vue de  marquer le tricentenaire de la première colonie de peuplement du pays, celle des Français. Au programme : conférences, expositions et diverses activités. L’initiative est à saluer, mais…

 

A l’Ile Maurice, ces événements sont présentés sous l’appellation Célébrations du tricentenaire de la présence française à Maurice, soit de septembre 1715 à septembre 2015. Certes, l’initiative est à saluer car la colonisation française, avec tout ce qu’elle a apporté de bon et de mauvais, a marqué l’un des tournants de l’Ile Maurice moderne.

 

 

Mais, d’un point de vue sémiologique et sémantique, il y a un élément gênant dans cette appellation. Célébrations du tricentenaire de la présence française à Maurice (le gras est de moi). Le terme présence est incongru, car il connote une sorte d’impérialisme implicite. Oui, il y a eu des colons français qui sont arrivés, mais le terme présence connote qu’ils n’ont eu cesse d’arriver et d’être présents 300 ans durant…  Ce qui n’est pas correct. De plus, l’Ile Maurice est devenue une colonie britannique en 1810.

 

A l’expression Célébrations du tricentenaire de la présence française à Maurice, peut-être qu’il serait plus donc judicieux d’utiliser celle du 300e anniversaire du débarquement des Français à l’Ile Maurice (le gras est de moi), comme c’est le cas dans l’Hexagone :

 

Il est bon de remettre les pendules de l’histoire à l’heure. C’est le 20 septembre 1715 que le capitaine Guillaume Dufresne d’Arsel a pris possession de Mauritius, inoccupée depuis le départ des Hollandais, en 1710. Les premiers colons n’arriveront qu’en 1721.

 

Certains diront que la preuve de cette  »présence » de trois cents ans est que l’Ile Maurice est un pays francophone. Or, n’en déplaise à Rivarol, cet état des choses n’est pas dû à la prétendue beauté ou clarté de la langue française. Il résulte surtout de l’Acte de Capitulation de 1810, qui spécifiait que même si l’île était devenue une colonie britannique, les colons français pouvaient conserver «leurs religion, lois et coutumes», ce qui inclut la langue française.

 

Au fil des siècles, cette langue s’est adaptée et enrichie grâce aux diverses vagues immigratoires qu’a accueillies l’Ile Maurice. Et de là est né le français mauricien, avec ses toutes ses particularités! Je suis Mauricienne plurilingue francophone et, sans doute francophile, comme en attestent respectivement ma présence sur Mondoblog et mon parcours personnel (clin d’oeil à Tours et à la Vendée!).

 

Pour ma part, je célébrerai ce tricentenaire en publiant ce billet sur mon blog et en contribuant, à ma façon, au rayonnement de la francophonie!


Père Laval, apôtre de l’Ile Maurice

Une fois n’est pas coutume, je consacrerai ce billet à un homme religieux. Il s’agit du Bienheureux Père Jacques Désiré Laval, qui est vénéré à l’Ile Maurice et célébré chaque année le 9 septembre. 

11 paroisse mont carmel
Photo du père Laval à Sainte-Croix. Crédit : Paroisse Mont Carmel.

 

C’est en septembre 1841 que ce médecin et prêtre missionnaire français débarqua à Port-Louis, la capitale mauricienne. Sa mission : assurer l’apostolat des Noirs. Il est bon de rappeler que l’île était alors une colonie britannique et que cela ne faisait même pas 10 ans que l’esclavage y avait été aboli. Cependant, quelques analyses divergent sur l’activité du Père Laval. Pour certains historiens, les anciens esclaves étaient contraints de se convertir au christianisme de force. Donc, rien de bien chrétien en somme…

Mais ce que l’Histoire et l’imaginaire collectif mauricien ont retenu du Père Laval, c’est surtout l’image d’un homme au service des pauvres et des malades. Lors de son décès, le 9 septembre 1864, des milliers de Mauriciens ont convergé à pied vers Sainte-Croix, afin de saluer la mémoire du prêtre lors de son inhumation. Et depuis, cette tradition perdure. En effet, chaque année ce sont des milliers de Mauriciens, mais aussi des étrangers de la région et d’ailleurs, qui se rendent en pèlerinage au tombeau du Père Laval. Cette année se tient le 151e pèlerinage.

Vitrail de l'église de Sainte Croix représentant le decès du Père Laval.
Vitrail de l’église de Sainte Croix représentant le decès du Père Laval.

Au fil du temps, le pèlerinage de Père Laval est aussi devenu un événement fédérateur et folklorique pour la diaspora mauricienne en Europe et en Australie. En Europe, la diaspora se donne chaque année rendez-vous à Pinterville, village originaire du Père Laval en France. En Australie, c’est le Mauritian Australian Association qui organise annuellement la  »Fête Père Laval ». Le Père Laval a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 29 avril 1979.

Pour Simone, le pèlerinage au tombeau du Père Laval relève de la tradition.  »Depuis que j’étais petite, ma mère m’y emmenait chaque année. Je vais aller prier en ce jour spécial », dit-elle.

Même son de cloche du côté d’Indiren.  »Je vais au pèlerinage pour aller prier. Cela a traditionnellement été ainsi depuis de nombreuses années. Et aujourd’hui, je fais une prière spéciale pour mon pays. Comme le thème de la messe de 2015 est Père Laval « béni nou fami », je lui demanderai de bénir la grande famille mauricienne », déclare Indiren.

La prière d’Indiren tombe à point nommée. Après les incidents à caractère ethnique qui ont secoué le sud de l’Ile Maurice après la profanation d’un temple hindou le samedi 5 septembre, la famille métisse mauricienne doit rester unie.

Père Laval, toi qui as guéri les malades, puisses-tu aussi guérir l’Ile Maurice de l’un de ses pires maux : le sectarisme.

 

plaval-tombeau
Le tombeau du Père Laval. Crédit : Filles de Saint François de Sales.