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Columbia University: entre histoire et art

Aujourd’hui, je vous propose une balade dans l’une des plus anciennes universités des Etats-Unis: Columbia University ! Entre histoire et art, découvrez un lieu chargé de mythes et de magie.

Je ne vous apprends rien : Columbia University est l’une des nombreuses raisons pour laquelle les étudiants et enseignants chercheurs du monde entier se rendent à New York. Selon les statistiques de l’université, en 2017, 48% des étudiants du campus de Morningside Heights sont des aliens, des étrangers. Qu’est-ce qui attire donc tout ce beau monde à Columbia?

Etre inscrit à Columbia University, c’est d’abord intégrer l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses universités des Etats-Unis. L’institution à été fondée en 1754 et s’appelait à l’époque Kings College. Elle change de nom en 1784, dans le sillage de la Guerre d’indépendance des Etats-Unis et la Déclaration de l’indépendance, et devient le Columbia College. Ce n’est qu’un siècle plus tard, soit en 1896, que l’institution prend le nom de Columbia University. Pour la petite histoire, le nom Columbia tire ses origines de Christophe Colomb, dont la traduction anglaise est Christopher Columbus. Avant la Guerre d’indépendance des Etats-Unis et vu d’Europe, notemment de l’Empire britannique, Columbia, représentait alors le Nouveau Continent et la génération fondatrice des Etats-Unis. Au fil des siècles, le terme a été approprié par les Founding Fathers et s’est imposé pour refléter l’identité d’un nouveau pays indépendant: les Etats-Unis d’Amérique.

 

La Butler Library de Columbia University impressionne.
La Butler Library de Columbia University impressionne. Crédit: CR.

Etre inscrit à Columbia University c’est aussi intégrer le club très select des universités de l’Ivy League! L’Ivy League regroupe les huit universités les plus élitistes des Etats-Unis, et est souvent synonyme d’excellence et de réussite. Outre Columbia University, les sept autres universités de l’Ivy League sont Brown University, Cornell University, Dartmouth College, Harvard University, the University of Pennsylvania, Princeton University, et Yale University. Les cinq derniers Présidents des Etats-Unis sont tous issus de l’Ivy League: Yale pour les Présidents Clinton et Bush (père et fils), Pennsylvania pour Trump et Columbia pour Obama.

Columbia University est l'alma mater des Présidents Obama et Roosevelt.
Columbia University est l’Alma Mater des Présidents Obama et Roosevelt. Crédit: CR.

Etudier à Columbia University c’est donc marcher dans les pas de l’Histoire. Au campus de Monrningside Heights, l’histoire est partout présente: dans l’architecture et sous forme de monuments, d’inscriptions et de sculptures, entre autres. Parmi celles qui m’ont le plus marquée: Le Penseur de Rodin et le Scholar’s Lion!

J'ai été ravie de découvrir Le Penseur d'Auguste Rodin, au coeur du campus.
J’ai été ravie de découvrir Le Penseur, d’Auguste Rodin, au coeur du campus! Crédit: CR.

 

Mais ma sculpture préférée est le Scholar's Lion!!
Mais ma sculpture préférée est le Scholar’s Lion!! Crédit: CR.

D’ailleurs le surnom associé à Columbia est Lions. Et bien entendu, quand on est un lion, on a droit à une part gigantesque du gâteau financier, ce qui permet de se consacrer à la recherche, entre autres. La prestigieuse Columbia University est donc l’un des lieux privilegiés où s’écrit l’histoire et où progresse la recherche. Cependant, il ne faut pas l’oublier, il n’y eut jamais si grand lion qui n’eut besoin d’une souris!


Merci pour vos voeux!

Merci pour tous vos voeux. Ces nombreuses marques d’affection me touchent. Sinon, il paraît que c’est à 50 ans que l’on fait sa crise. Alors je vais attendre, et je vous dirai…

50 ans. Normalement, à cet âge précis, on est assez vieux pour dresser un bilan de sa vie, mais aussi encore assez jeune pour relever de nouveaux défis et tenter de nouvelles aventures. Je vais donc essayer quelque chose d’inédit: regarder dans le rétroviseur de ma vie, sans fards, ni concessions.

Où ai-je réussi? Où ai-je échoué? Mes enfants d’outre-mer ont-ils honte de moi? Mes enfants d’ici sont-ils fiers de moi? Mes démons, ceux que j’ai faits, ceux qui m’ont faite et dont je porte les cicatrices, cesseront-ils jamais de m’emprisonner? Je suis leurs, comme ils sont miens, mais le passé, aussi violent, sanglant ou aussi solaire soit-il, ne doit pas m’empêcher d’avancer.

De quoi suis-je fière? De quoi ai-je honte? En somme, je suis fière de ma famille: composée, décomposée, recomposée, au fil de siècles d’amour, de déchirures, de retrouvailles et de ruptures. J’ai été et je suis témoin de tant de choses. Je ne m’attarderai pas sur la longue liste de faits, de méfaits et de scandales qui m’ont éclaboussée et défigurée. Je suis loin d’être parfaite mais j’ai toujours relevé la tête.

À 50 ans, je réalise cependant avec effroi qu’il y a encore tant de chemin à faire. Les années retournent pourtant leurs vestes en un rien de temps. Cependant, le statu quo perdure. Malgré les divisions et problèmes, il faut toujours sauver la face, présenter une unité de façade disent mes enfants. Tiens donc…

Il paraît que c’est à 50 ans que l’on fait sa crise. Qu’en est-il de la matriarche que je suis? Il n’y a pas d’ordre sans désordre. Mon coup de gueule: j’en ai marre que l’on me parle de mon passé! Parlons de mon futur! À mes enfants à venir: vous naitrez sans doute de ma crise de la cinquantaine et vous vaincrez. Vous vaincrez contre les clichés, la violence, l’injustice et les préjugés. Vous vous approprierez et porterez ma jeune identité. Celle de tout un peuple. La nôtre.

Sinon, il paraît aussi que c’est à 50 ans que l’on est la plus indépendante, la plus libre d’être soi-même. Alors, que tombe le masque et que se poursuit la fête!! Mon nom: l’Île Maurice!

*

NdlR: Merci à R.B qui m’a beacoup inspirée pour le chapeau 🙂


Grandiose Grand Central Station

Lady Gaga. Duo avec Beyonce en 2010 : « Telephone ». C’est grâce à cette chanson que j’ai entendu parler de Grand Central Station pour la première fois. Et je me demandais à l’époque, mais qu’est-ce donc ce Grand Central Station, tout en ayant la flemme d’aller chercher sur Google… Bref…

Voilà que huit ans plus tard, plus besoin de Google, car j’y suis allée à ce fameux Grand Central Station. Le premier mot qui me vient à l’esprit, en y étant, est : grandiose !

L’architecture est impressionnante. Les lieux sont beaux, vastes, avec de magnifiques lustres et baies vitrées, des balustrades et des balcons, et une superbe voûte turquoise décorée de constellations.

A un moment, je me suis même sentie dans le Titanic avec Leonardo DiCaprio, grâce au décor qui rappelle celui des grands hôtels des années 1900. On a du mal à croire que l’on se trouve dans une… gare ferroviaire !

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Grand Central Station, ou Grand Central Terminal, n’est pas la plus ancienne gare de New York City. En effet, la ville a connu des voies ferroviaires depuis la fin des années 1840, mais ce n’est qu’en 1903 qu’un groupe d’architectes en dessine les plans. La construction de la gare s’achèvera dix ans plus tard. Grand Central Terminal fut inauguré en février 1913. Une fois de plus, comment ne pas penser au Titanic (au vrai, pas au film), qui avait coulé en avril 1912, alors qu’il se dirigeait vers New York…

Vous l’aurez compris, on ressent de nombreuses émotions en visitant Grand Central Station ! La gare est d’ailleurs classée « National Historic Landmark », ce qui en fait l’un des lieux les plus visités de New York. Au fil des ans, cette gare s’est aussi transformé en un espace commercial avec de nombreux magasins et aussi le Grand Central Market, une sorte de halle ou marché couvert. Du fromage aux sushis, en passant par les fleurs, on y trouve de tout. Attention toutefois à certains prix qui peuvent être élevés.

Quoi qu’il en soit, Grand Central Station est un endroit à ne pas rater ! Mon prochain arrêt : quelque part, où le vent me portera 🙂


Regards sur la démocratie, cette éternelle adolescente

Démocratie. Voilà un ancien mot, mais qui parvient toujours à se maintenir dans l’actualité et dans l’air du temps. Toujours branchée, la démocratie ressemble à une adolescente qui ne vieillit jamais. Est-ce gage de danger ou de sécurité?

«Il n’y a pas de paradis perdu, sauf dans l’imaginaire des gens». Tel un paradis perdu, la démocratie parfaite n’existe pas, explique Pascal Boniface, géopolitologue français de renom. Le temps d’une conférence tenue le 23 novembre 2017 à l’Institut Français de Maurice, il est revenu sur les enjeux et les perspectives de la démocratie.

Pascal Boniface à l’Ile Maurice.

Selon Pascal Boniface, la démocratie est en crise, mais elle progresse. Ce progrès s’articule autour de trois axes: le taux d’alphabétisation de la population, le produit intérieur brut (PIB) par habitant et l’ADN stratégique de chaque pays.

Suite à ce dernier axe, on pourrait être tenté de croire que chaque pays construit donc son propre modèle démocratique, en vase clos. Or, tel n’est pas le cas.

La démocratie dans un monde globalisé

Nous vivons dans un monde hyperconnecté, où notre rapport à l’autre, au temps et à la distance a été bouleversé par les technologies de l’information et de la communication. Comme l’a si bien rappelé Pascal Boniface  :

«Vous ne pouvez pas ignorer ce qui se passe dans le monde, car ce qui se passe dans le monde ne vous ignore pas.»

Peu importe le pays dans lequel nous vivons, ce qui se passe ailleurs aura forcément des conséquences, de près ou de loin, dans notre vie. C’est ça le monde globalisé.

Le premier empire de cet âge global s’avère être les Etats-Unis d’Amérique. Il n’y a, à l’heure actuelle, pas d’équivalence à la puissance étasunienne. L’élection de Donald Trump en est le parfait exemple.

Pour Pascal Boniface, cela a été une élection mondiale au suffrage censitaire. Le monde entier, même s’il n’avait pas droit au vote, a suivi cette élection, car il savait, consciemment ou pas, que le verdict des urnes aurait un impact dépassant largement les frontières étasuniennes.

Par ailleurs, la puissance à l’ère globale ne se jauge pas uniquement en termes d’armes ou de guerres gagnées, elle s’évaluerait aussi en matière de soft power.

«Xi Jinping a envoyé sa fille étudier aux Etats-Unis. Mais les filles d’Obama ne vont pas étudier en Chine!»

La démocratie se construit graduellement

Nous vivons donc dans un monde globalisé, qui n’est ni unipolaire, ni bipolaire, ni multipolaire. Nous vivons simplement dans un monde qui émerge de cinq siècles de monopole occidental de la puissance. Ailleurs que dans le monde occidental, des démocraties naissent, se construisent, grandissent avec le temps. Pour Pascal Boniface :

«La démocratie n’est pas un produit instantané.»

La Corée du Sud et Taïwan sont deux exemples de démocratie qui se sont imposées graduellement, sans révolution, explique le géopolitologue. Plus proche dans le temps, on pourrait aussi citer l’exemple de la récente chute de Mugabe au Zimbabwe.

L’instantanéité, un danger pour la démocratie

Si la démocratie n’est pas un produit instantané, l’ironie veut que nous vivons bel et bien, dans le temps de l’instantanéité. Or il s’agit là de l’un des principaux risques auquel fait face la démocratie. Pour le politologue, le risque est de perdre la perspective du long terme et de se fier uniquement au sondage du jour. Attention ici aux redoutables algorithmes des nouveaux médias et aux fake news

«Les gens ne font pas confiance à ceux pour lesquels ils votent»

Le vote est une arme à double tranchant: on peut voter pour promouvoir, mais on peut aussi voter pour sanctionner. Trump, Brexit, Le Pen. Ici et ailleurs, combien de fois les citoyens se sont-ils révoltés contre le verdict des urnes, contre la voix dite de la démocratie?

«En Chine, les individus font confiance à des gens pour lesquels ils ne votent pas. Ailleurs, les gens ne font pas confiance à ceux pour lesquels ils votent», résume Pascal Boniface. Est-ce là tout le drame de la démocratie, en tant que système politique?


Facebook, l’Ile Maurice et les pauvres

Facebook, la nouvelle soupape de bonheur pour les pauvres à l’Île Maurice ? Cette question s’est posée, suite à la lecture d’un article publié dans un hebdomadaire mauricien intitulé Le bonheur malgré la précarité.

A première lecture, rien ne cloche, au contraire. Cela fait du bien de lire un article sur la pauvreté qui ne verse pas dans le larmoyant, les clichés ou encore le fatalisme. Check ! Cela fait du bien de lire, dans Le Mauricien, que les gens sont heureux, malgré la pauvreté et des conditions de vie difficiles.

Cependant, à un second niveau de lecture, il y a bien quelque chose qui fait tiquer et réfléchir. Et pour cause, la source de ce bonheur incommensurable serait de… pianoter sur Facebook ! Photos et citations à l’appui, l’article nous décrit le vécu de femmes qui vivent dans des conditions précaires mais qui survivent grâce à Facebook. Certaines de ces femmes n’ont pas d’électricité chez elles, mais trouvent les moyens d’acheter des forfaits internet afin de partager et diffuser sur le réseau social. Une des intervenantes va même plus loin, sans Facebook, elle ne serait au courant de rien: ni des commérages, ni de l’actualité.

facebook - mauritius - ile maurice - mondoblog
Facebook, la panacée pour le bonheur ?

Mais quelqu’un a-t-il dit à cette femme qu’elle pouvait aussi consulter les sites internet des journaux et autres sites d’information pour connaître les nouvelles ? Vraisemblablement, non. Pour elle, comme pour bien d’autres, Facebook serait un moyen de s’évader, de s’informer, de s’amuser… Bref, Facebook serait la panacée ! « Je ne veux plus penser qu’aux problèmes. Je veux profiter de chaque moment. C’est pour cette raison que je suis sur Facebook », lance Maryline, une des femmes interviewées dans l’article.

Et c’est là qu’on peut dire avec effroi que l’entreprise de Mark Zuckerberg a réussi son incroyable pari. Celui de convaincre les gens qu’Internet se résume à Facebook ! Et que Facebook c’est Internet. Or rien n’est plus faux et rien ne serait plus dangereux.

Heureusement, certains s’y refusent. Lana, 28 ans, nous a expliqué qu’elle a décidé de fermer son compte Facebook car elle ne voyait plus rien de social à ce réseau. La jeune femme indique aussi que la réaction des personnes est parfois surprenante : «Depuis que je n’ai plus de compte, les gens me disent souvent des choses comme : Comment ça ? Tu ne sais pas qu’elle a eu trois bébés ? Qu’il a mangé du biryani de poulet hier soir ? Les photos sont partout sur Facebook pourtant ! Tu vis sur quelle planète ?!», raconte Lana.

En 2017, est-on donc une sorte d’extraterrestre quand on n’est pas sur Facebook ? En clair, est-ce aujourd’hui anormal de pas avoir de compte Facebook?  Ce réseau social serait-il devenu LA norme, LA condition sine qua none pour exister, non seulement sur internet, mais pour exister tout simplement ?

Un article de Quartz publié en 2012 en parlait: tel l’air que nous respirons ou tel un virus qui  aurait contaminé l’humanité entière, Facebook vise l’omniprésence. La nouvelle cible du réseau serait les pays émergeants et les pauvres. Et pour cela, nul besoin d’un smartphone dernier cri, une version zéro de Facebook a su s’adapter aux plus anciens des téléphones, histoire de mieux toucher les marchés cibles…

A l’heure des fake news  en tous genres, l’idée que de nombreuses personnes puissent croire qu’Internet se résume à Facebook est effrayante. La pensée que de plus en plus d’individus construisent leur vision de la société et du monde en fonction des calculs de redoutables algorithmes est affolante. Basculerait-on vers une sorte de dystopie ?


A rebours avec Charlotte Gainsbourg

Un petit billet dédié à une de mes chanteuses préférées : Charlotte Gainsbourg. Après avoir écrit sur l’immense Serge Gainsbourg, je me devais d’écrire sur sa fille, dont le cinquième album sortira le 17 novembre prochain. Playlist quelque peu mélancolique. A rebours avec Charlotte Gainsbourg.

1. Deadly Valentine

La vie qui passe. L’envie. L’amour. L’amour miroir. Cette constante recherche de soi, de l’autre, de soi dans l’autre. L’amour qui casse. L’amour qui passe.

2. La Collectionneuse

La Fnac. Ces TGV Tours-Paris-Tours. Des passages. Des paysages. J’ai eu le courage de regarder en arrière les cadavres de mes jours. Guillaume Apolinaire. The collector, la collectionneuse.

3. AF607105

Océan Indien – Europe. Aurevoir. M.Sim 2007 final destination. Melancholy. Aviation. Chocolate. Perfume. Frequent flyer. Wave goodbye. Feel homesick. Cry easy. Time difference, you’re waking, chase the sun into your eyes. Fly over your lifetime. Se revoir à l’autre rive. Arrivée.


Instagram : vive la déprime pour les 14-24 ans !

Instalike. Instagood. Instacool. Les gens sont beaux, amoureux, riches, mangent bien et sont quasiment presque toujours en vacances ! Et oui, sur Instagram tout est cool, un peu trop même… au point à en avoir un effet néfaste sur la santé mentale des jeunes.

Intagram est-il propice au vague à l’âme ? Oui, si l’on croit une étude publiée par la Royal Society for Public Health (RSPH). Instagram serait le pire réseau social pour la santé mentale des jeunes de 14 à 24 ans. Alors, pourquoi le réseau aux photos et aux filtres est-il le pire des pires?

CC – PxHere

Intitulée #StatusofMind, l’étude de la RSPH tire la sonnette d’alarme en ce qui concerne le culte de la perfection qui règne sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram. Ce culte a pour effet d’accentuer les états dépressifs et de mal-être auprès des jeunes, qui souffrent alors de complexes face aux diktats des photos parfaites de corps parfaits (mais tellement irréels et faux!). Beaucoup commencent d’ailleurs à s’indigner de cette insupportable tyranie du cool et de la perfection qui règne sur Instagram.

Les problèmes liés à la santé et au bien-être soulevés par la RSPH sont les suivants :

1. L’anxiété (sentiments d’inquiétude, de nervosité ou de malaise)
2. La dépression
3. Le sentiment de solitude
4. La perte ou baisse de sommeil
5. Le cyber-harcèlement
6. La perte de confiance en soi (difficulté à s’auto-identifier, rejet de son image/de son physique)
7. La difficulté à maintenir des relations dans le monde réel
8. Le FoMO (fear of missing out – ressentir le constant besoin d’être connecté en permanence de peur de rater une information, si futile soit-elle, ou un événement)

#StatusofMind établit aussi un classement des réseaux sociaux – de celui qui a le plus d’effets positifs sur le bien-être des jeunes, à celui qui le est plus néfaste. Et la plateforme la plus positive est Youtube…

Je conclue donc avec une vidéo, celle du dernier single d’Arcade Fire : Everything now. Every inch of space in your head is filled up with the things that you read. I guess you’ve got everything now.* Ces paroles ont une résonance particulière en moi, surtout en ces temps modernes de l’hyper-connectivité et de l’ « infobésité »A force de tout avoir, tout le temps, tout de suite, tout n’est plus que vacuité !

 

*Chaque recoin de ta tête est rempli des choses que tu as lu. Je suppose que tu as tout maintenant.


Ile Maurice: la lobotomisation intellectuelle vue par Natacha Appanah

J’aimerais tant qu’elle ait tort. Mais c’est une évidence: Natacha Appanah a raison. Regards incisifs sur le système éducatif mauricien où la culture de la performance et de la compétition engendre une lobotomisation intellectuelle.

Nul n’est prophète en son pays. Ce n’est pas la talentueuse Natacha Appanah qui vous dira le contraire. L’auteure prolifique était de retour au bercail, à l’Ile Maurice, la semaine dernière, le temps de quelques conférences, ateliers et rencontres, entre autres. L’une de ces rencontres était d’ailleurs avec les élèves du Queen Elizabeth College, considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs lycée de l’Ile Maurice.

Et pourtant, ce qui aurait dû être un moment d’échange et de dialogue entre auteure et élèves a vite tourné en sorte de procès de Natacha Appanah!! Au moyen d’une chronique, la jeune femme livre ses impressions, sans détour:

Mais en réalité, il y a eu peu d’échange et encore moins de spontanéité. Les filles étaient passives mais après tout peut-être étaient-elles timides. Je n’ai pas compris le ricanement étouffé quand j’ai dit que j’avais fait ma scolarité dans un autre collège. J’ai été un peu surprise que la responsable du département dise, tout de go, que mon dernier roman est « osé » avec des passages « sexuels » et qu’il choquerait les lycéennes. Qu’elle déclare qu’il n’était pas en « véritable prose ». Un autre professeur a parlé d’un de mes personnages comme « agaçant » parce que trop faible, selon lui. Une autre pensait qu’il n’y avait pas assez de ceci et trop de cela. J’avais l’impression d’être devant un jury, interprétant mes romans, imposant son opinion à des élèves qui ne les avaient pas découverts.

Voilà où nous en sommes dans les lycées de l’Ile Maurice en 2017 ! Quelle honte pour ces pseudos profs, autoproclamés critiques littéraire et juges alors qu’ils n’étaient visiblement pas préparés à cette rencontre… Pire, dire que le dernier roman de l’auteure, trop « osé », choquerait les prudes lycéennes (à ce rythme, elles ont dû tomber dans les pommes en lisant Roméo et Juliette de Shakespeare!) Excusez-moi, mais on n’est pas au pays des bisounours. Et tant que l’auto-procréation humaine instantanée n’existera pas, le sexe fera partie de la vie !

Justement, cette rencontre avec Natacha Appanah était une formidable occasion d’apprendre de la vie… d’un auteur! Ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance d’avoir devant soi une écrivaine en chair et en os, et de laquelle il y a tant à découvrir. Quel gâchis pour ces élèves! Inconscientes de leur chance, elles semblent aussi incapables de voir plus loin que les… examens:

Quand la première étudiante a levé la main, c’était pour demander quels conseils je pouvais lui donner pour avoir de bonnes notes car elle devrait étudier un de mes textes l’année prochaine. J’ai compris que cette assistance n’était pas là pour échanger sur la littérature, la lecture, sur le métier d’écrivain. Il n’y avait aucun enjeu d’évaluation à cette rencontre donc elle n’était pas préparée. Aucun de mes textes n’avait été lu car aucun n’est au programme. Étaient-elles, ces filles-là, restées dans cette culture de la performance et de la compétition inculquée dès leur jeune âge ? Étaient-elles si détachées, si blasées, si peu intéressées par les histoires et pressées de retourner à ce qui allait vraiment « compter » pour ces examens ?

Oui. C’est la réponse que je donnerai à Natacha Appanah. Ces élèves sont victimes d’une sorte de lobotomisation intellectuelle, où tout ce qui compte se résume aux examens, aux notes et aux classements. Nul place pour la découverte, pour l’esprit critique et pour la rencontre de la vie et des autres. Nul place pour l’épanouissement d’un petit Raj du Dernier frère.

Non, personne n’a appris à ces jeunes filles qu’elles pouvaient lire pour lire, lire sans que ce soit un devoir, lire pour être au monde.

Retrouvez l’intégralité de la chronique de Natacha Appanah, publiée dans La Croix, ici.

 


Dictionnaires 2018: mes chouchous des dicos

On y est! Les dictionnaires 2018 ont pointé le bout de leur nez… et avec eux, un florilège de nouveaux mots. C’est l’occasion pour moi de partager avec vous trois de mes chouchous des dictionnaires 2018!

 

1. [stan]: ang. nom et verbe.

My tea’s gone cold I’m wondering why I got out of bed at all. Les nostalgiques des années 2000s auront reconnu les premières paroles du tube d’Eminem et de Dido: Stan. Et bien, figurez-vous que le mot stan a fait son entrée dans le dictionnaire Oxford! Qu’est-ce qu’un stan? Il s’agit d’un fan excessivement obsessédé par une célébrité particulière, à la manière du Stan d’Eminem qui finit par se tuer :

 

 

2. [bukane]: fr. nom masculin.

Enn bon kari zak ek bukane! N’ai-je pas salivé en voyant boucané (bukane en créole) dans le Larousse 2018? Et pour cause, le boucané est une viande fumée, spécialité culinaire de l’Ile de la Réunion et de l’Océan Indien! Cependant, il serait plus juste de dire que ce mot fait un come-back, car il n’est pas tout à fait nouveau. Comme je ne cesse de le répéter en sociolinguistique: les mots voyagent à travers le temps et les pays. En effet, boucan désignait, en vieux français, une cabane en bois qui servait à fumer la viande ou le poisson. On le retrouve à la fois dans la région Océan Indien, aux Antilles et au Québec!

Crédit: Wikicommons

 

3. [gif]: fr. nom masculin.

Si le mot gif figurait dans le dictionnaire Oxford depuis 2012, ce n’est que cette année qu’il entre dans le Larousse! Je ne vous apprendrai rien en mentionnant que l’accronyme du Graphics Interchange Format est un format d’images animées, très utilisé sur le web!

Autre mot qui m’a aussi marquée: infobésité! Et je crois bien en avoir été victime ces derniers jours. Entre le discours du budget dans mon pays, les législatives en Angleterre et l’audition de James Comey, l’ex-patron du FBI, j’ai tout à coup senti le trop plein! De quoi spoiler le travail des matinaliers!

Quoi qu’il en soit, qu’ils viennent de la musique, de la cuisine, de l’informatique, d’ici ou d’ailleurs, les mots sont des instantanés de nos sociétés actuelles. Ils prouvent aussi le dynamisme et la réactivité des langues!


De Bibi à Tante Yvonne: les Dames de l’Élysée

L’Élysée à un nouveau locataire: Emmanuel Macron! Et en ce jour spécial, saluons au passage la chère Bibi, alias Brigitte Macron. Vous l’aurez compris, je propose, à travers cet article, de faire un petit clin d’oeil aux Dames de l’Élysée!

1. Brigitte Macron: deuxième jeunesse

Bon ok, je l’avoue. Je fais partie de celles et ceux qui ont été un peu surpris en découvrant, pour la première fois, le visage de Madame Macron. Avec un faux air de mix entre Michael Jackson, d’ET et des frères Bogdanov… la dame fait certainement son âge! Mais elle est aussi et surtout dans l’ère du temps. Une femme qui assume pleinement son histoire avec celui qui est devenu aujourd’hui, à 39 ans, le plus jeune Président de la République française.

2. Bernadette Chirac: farce attaque

Le couple Bernadette-Jacques Chirac représente à mes yeux un duo fort sympathique! Un peu à l’image de grands-parents dont on se moque gentiment. Bernadette et Jacques Chirac sont par ailleurs deux des acteurs principaux d’une vidéo, qui est désormais culte pour moi. On y voit le grand et galant Jacques Chirac draguer une jeune blonde, pendant que Bernadette prononce un discours. Regardez:

 

3. Carla Bruni: car la brune compte…

…pas pour une prune! Pourtant, quelqu’un m’a dit qu’elle ne l’aimerait plus. Lui c’est son Sarko d’époux et d’ex-Président de la République. Or, il n’est plus Président et elle l’aime encore. Fin des racontars. Place maintenant aux avatars! Tantôt mannequin, tantôt First Lady, tantôt chanteuse, Carla Bruni se réincarne à l’infini et avec glamour! Le luxe. La classe!

 

© Wikimedia Commons.

4. Valérie Trierweiler: celle qui balance

Le quinquennat de François Hollande aura été tumultueux: impopularité, attaques terroristes et… ex véner! Et oui, ça arrive aussi quand on est Président et quand on a une ex qui se nomme Valérie Trierweiller. Je me souviens de l’affaire des tweets et du moment Daft Punk. Je me souviens aussi avoir succombé à cette envie malsaine de lire ce livre surmarketé: ce spectacle affligeant de grand déballage sur la place publique. Je l’ai lu et, honnêtement, je n’ai pas dit merci pour ce moment.

Valérie Trierwiler - Mondoblog-Ile Maurice-Mauritius
© Wikimedia Commons.

5. Tante Yvonne: la méconnue

Non, il ne s’agit pas de l’une de mes grands-tantes, mais de l’épouse du Général de Gaulle! Pourquoi elle? Pourquoi remonter si loin? Tout simplement parce que j’ai envie de savoir comment étaient les First Lady avant. Avant les liftings, avant la pipolitisation, avant les ex qui balancent. Wikipedia m’a appris qu’elle ne donna jamais aucune interview et qu’on ne connaît pas le son de sa voix. Ce qui est dommage, car Yvonne de Gaulle aura certainement vécu l’une des vies les plus riches et les plus intenses pendant la résistance, aux côtés de l’un des hommes les plus influents de son siècle.

© Wikimedia Commons.

En ce dimanche 7 mai 2017, la France a élu son Huitième Président sous la Cinquième République. L’histoire de nous dira ce que l’on retiendra du plus jeune Président de la République française.