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New York : vive la Pride Parade !

J’ai eu la chance d’assister à la New York Pride Parade ! Ce défilé qui célèbre l’amour et la communauté LGBTQ est le deuxième plus grand événement du genre au monde, après la Parade de Sao Paolo, au Brésil. La New York Pride Parade respire la fierté, la joie et la liberté !

La Pride Parade est le point culminant du Pride Month, et il faut dire que presque tous les New-Yorkais l’attendent avec impatience ! D’ailleurs, toute la ville se met au diapason : les commerces n’hésitent pas à arborer les couleurs de la fierté et bon nombre de routes sont fermées.

 

Les commerces aux couleurs de la Pride Parade!
Les commerces aux couleurs de la Pride Parade ! Crédit photo: CR.

 

La 5ème Avenue de New York fermée à l'occasion de la Pride Parade.
La 5ème Avenue de New York fermée à l’occasion de la Pride Parade. Crédit photo: CR.

Se rendre à la marche des fiertés de New York s’apparente parfois à une aventure sportive ! Les rues de New York, d’habitude toutes droites et directes, se transforment soudainement en un immense labyrinthe, gardé par nos chers agents du NYPD, où l’on fait de nombreux détours à pied pour rejoindre un block qui est pourtant à côté.

Au final, j’y suis arrivée ! La Pride Parade tient ses promesses : costumes colorés, amour, musique (mention spéciale pour les chansons de Madonna, Lady Gaga et Amber)… « Happy Pride New York ! » souhaitent les nombreuses personnes qui défilent. Énormément de choses m’ont touchée lors de ce défilé. D’abord, il y a le fait que ce ne soit pas uniquement les membres de la communauté LGBTQ qui défilent. J’ai été marqué par une femme qui défilait seule, avec une pancarte où était inscrit “I love my transgender son”, « j’aime mon fils transgenre ». Cette mère a suscité de nombreux applaudissements, tout comme cet homme religieux avec sa pancarte “Supporting mariages and love”, « soutien aux mariages et à l’amour ».

I love my transgender son!
« I love my transgender son ! » Crédit photo: CR.

Autre évènement qui m’a beaucoup touchée: le NYPD a aussi participé au défilé. La relation entre le NYPD et les New-Yorkais est très spéciale. J’ai vécu sur trois continents, dans plusieurs pays, et je n’ai jamais vu de ville ailleurs au monde où les gens ont autant d’admiration pour leurs policiers. Imaginer New York sans le NYPD, c’est impossible! Le NYPD a donc défilé fièrement, en uniforme, avec une banderole « NYPD LGBTQ Officers ». Ceci démontre tellement d’ouverture et de respect d’autrui. La traditionnelle voiture du NYPD était aussi de la partie, aux couleurs de la Pride Month.

La NYPD participant à la Pride Parade.
Le NYPD participant à la Pride Parade. Crédit photo: CR.

Et puis, c’est tout simplement le fait de voir toutes ces personnes défiler qui m’a rendue heureuse. Tous étaient présents, de tout âge de tous horizons : des LGBTQ Seniors (personnes âgées), des LGBQT du monde arabe et d’Afrique du Nord, des partis politiques, des écoles primaires, entre autres.

C’était un vrai bonheur de voir que les écoles et les enfants participent également à la Pride Parade. L’éducation à la liberté, au respect d’autrui et des différences dès le plus jeune âge est primordiale si l’on veut vivre dans une société ouverte et bienveillante. Aucun citoyen ne doit être victime de discrimination, peu importe son orientation sexuelle, son identité de genre ou son expression sexuelle.

En ce 24 juin 2018, la 5eme Avenue de New York était pleine de confettis. Et moi, j’avais des étoiles pleins les yeux ! New York Pride Parade was amazing ! En voici quelques instantanés.

La foule a répondu présente!
La foule a répondu présente ! Crédit photo: CR.

 

Des LGBTQ du la communauté du monde arabe, du Moyen Orient et de l'Afrique du Nord de New York.
Des LGBTQ du la communauté du monde arabe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord de New York. Crédit photo: CR.

 

Pride won't hide!
Strike the pose: costumes et photos étaient au rendez-vous! Crédit photo: CR.

 

Pride won't hide!
Happy Pride New York City ! Crédit photo: CR.

 

Pride won't hide!
Pride won’t hide ! Crédit photo: CR.


Orientations

Comme vous le savez sans doute, j’aime beaucoup m’inspirer de mon environnement immédiat pour écrire. La moindre chose que je vois, entends ou ressens peut être prétexte à un billet de blog ! Bref, c’est le quotidien qui m’inspire.

Et moi, quelle est ma routine de jeune femme lambda ? C’est d’enfiler mes baskets tous les matins et de passer de longues minutes dans le métro new-yorkais pour aller au boulot ! Et l’une des choses qui m’a marquée, tout au long du mois de mai, c’est une belle campagne de communication sur les droits des jeunes lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et queer (LGBTQ) déployée dans le métro new-yorkais.

Intitulée « NYC Unity Project« , cette initiative de la Mairie de New York affirme que tous les jeunes, peu importe leur orientation sexuelle, leur identité de genre ou leur expression sexuelle, ne doivent pas être victimes de discriminations et méritent d’être en sécurité, soutenus et en bonne santé. Le NYC Unity Project est la stratégie multi-agences de la Ville pour offrir des services uniques aux jeunes LGBTQ ou à toute personnes remettant en question leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

J’ai partagé quelques photos de cette campagne à mes amis, en leur disant que l’on voyait rarement ce genre de projet et d’affiche dans mon pays. Voici quelques photos ici sur mon blog. Outre le classique masculin/féminin, vous verrez que l’identité de genre se décline de différentes façons : pansexual male, heteroromantic bisexual male, pan sexual woman

 

Une campagne jeune et efficace, pour un projet tout aussi moderne et respectueux des droits humains, ouvert au monde et à l’avenir ! Car en effet, la jeunesse représente l’avenir. Elle est une force et un dynamisme qui se doivent d’être écoutés, entendus et respectés.
Et dire que pendant ce temps, une simple marche LGBTQ à l’Ile Maurice prévue pour le 2 juin a failli être annulée car les organisateurs ont reçu 126 menaces de mort


L’Ile Maurice: mythe et langue officielle

Déformation pro ou perso oblige, j’écris souvent sur les langues, notamment celles de mon pays, l’Île Maurice. J’écris tantôt sur le français, tantôt sur le créole. Aujourd’hui, je vais écrire ce billet, en toute subjectivité, sur la langue de Shakespeare.

Le trio véhiculaire de l’Île Maurice se compose de trois langues, ici en ordre alphabétique: l’anglais, le créole et le français. Le français se porte bien comme il y a trois cent ans, le créole se porte mieux depuis quelques décennies et l’anglais… et bien l’anglais trace sa route, naturellement, car elle serait la langue officielle du pays.

Cependant, cette affirmation mérite quelques précisions. Cela me perturbe d’entendre des étudiants mauriciens dire à tout vent “la langue officielle à Maurice est l’anglais, mais tout le monde parle créole et français”. Oui, presque tout le monde parle créole et français, sauf que l’Île Maurice n’a pas de langue officielle de jure. Cela signifie qu’il n’est nullement mentionné dans la Constitution mauricienne que ce pays a une langue officielle.

La Constitution mauricienne est écrite en langue anglaise car l’Île Maurice était une colonie britannique depuis 1810, avant d’obtenir son indépendance en 1968. La section 49 de la Constitution stipule que la langue officielle de l’Assemblée Nationale est l’anglais, mais que toute personne peut s’y exprimer en français si elle le souhaite. (Chapter V – Parliament – Part II – Legislation and Procedure in National Assembly). Ceci implique donc que l’exécutif et toute la machinerie de la fonction publique fonctionnent en anglais, surtout à l’écrit : nouveaux textes de lois, amendements constitutionnels, rédactions des réponses ou interventions parlementaires etc.

Tout cela s’est donc fait assez naturellement, parce que l’Île Maurice héritait du système colonial britannique. Mais vu les violentes tensions et fractures ethno-sociales qui ont agité l’Île Maurice avant et après l’indépendance, il est apparu plus prudent de n’inscrire aucune langue officielle dans la Constitution. C’est ainsi qu’une politique linguistique de non-intervention, de laissez-faire, selon le concept sociolinguistique, a été adoptée à l’Île Maurice. En d’autres mots, le pays a choisi le statu quo et laisse la situation linguistique évoluer «naturellement».

C’est donc uniquement dans les faits, de facto, que l’anglais pourrait être considéré comme langue officielle. C’est parce que la Constitution mauricienne est écrite en anglais que  l’on peut considérer que celui-ci serait, de facto, langue officielle. Cependant la Constitution ne le mentionne pas. La différence de jure et de de facto est cruciale, car dans la pratique, l’Île Maurice est beaucoup plus créolophone et francophone qu’anglophone.

Cette diversité linguistique, dont je suis d’ailleurs très fière, a mené les Mauriciens aux quatre coins de la planète, sur tous les continents. Pour ma part, je suis actuellement à New-York et vu mon intérêt pour les langues, j’ai voulu voir comment se présentait mon pays, linguistiquement, au sein des Nations-Unies. Sachant que les deux langues de travail des Nations Unies sont l’anglais et le français, je me suis dit super, l’Île Maurice tire fièrement son épingle bilingue du jeu!

J’ai donc parcouru le Blue Book des Nations Unies, sorte d’annuaire officiel onusien. Et… stupeur!!

Pour la Représentation permanente de l’Ile Maurice auprès des Nations Unies, c’est uniquement… l’anglais qui est présenté comme langue de correspondance. Choix décevant et surprenant. Alors que l’Île Maurice n’a pas de langue officielle de jure, que ce pays est parfaitement francophone, et que le français est l’une des deux langues de travail des Nations-Unies, il aurait été plus pertinent d’inscrire anglais ET français.

L'anglais est l'unique langue de correspondance qui est présentée. (Extrait du Blue Book des Nations Unies).
L’anglais est l’unique langue de correspondance qui est présentée. (Extrait du Blue Book des Nations Unies).

Pour la trilingue que je suis, je me dis que c’est un gâchis. Au lieu de capitaliser et d’afficher fièrement notre multilinguisme, nous le cachons derrière l’anglais. Et l’ironie du sort veut que ce soit aux Nations-Unies, institution qui milite pour le multilinguisme et le multilatéralisme, que nous le cachons. Ayo mama!

 


Ma visite de la Trump Tower

20 janvier 2017, Île Maurice. Comme une bonne partie de la planète, je regarde l’investiture du 45e Président des Etats-Unis, Donald Trump, à la télé. Au fond de moi, je me dis: “Si un gars comme Donald Trump a vraiment réussi à se faire élire Président des States, face à une candidate de la trempe d’Hillary Clinton, alors tout est possible”.

2018. Me voilà à mon tour aux Etats-Unis, dans la tourbillonnante ville de New York, à la prestigieuse 5th Avenue. Après avoir parcouru le Rockefeller Plaza et léché les vitrines d’innombrables magasins de marques de luxe, me voici arrivée devant la Trump Tower. Comme on devait s’y attendre: il y a de l’ambiance! Je me fraye donc un chemin entre quelques manifestants anti-Trump et des touristes.

Deux sentinelles montent la garde devant le building de 58 étages, qui abritent commerces, bureaux et appartements. La Trump Tower est le 64e plus haut gratte-ciel de New York, mais le commun des mortels comme moi n’a accès qu’à l’atrium, et ce jusqu’au 5e étage.

Une fois à l’intérieur, je passe les contrôles de sécurité, et me voici enfin au siège de la Trump Organisation! Et là, c’est la grandeur des espaces et surtout cette couleur dorée omniprésente qui impressionnent. A la Trump Tower, tout est à la gloire de Donald Trump: steak, café, glace, eau en bouteille, boutiques, restaurants et j’en passe. Impossible de se trumper, euh de se tromper, je suis bien à la Trump Tower!

Pas de doute, c'est bien la Trump Tower! Photo: CR.
Pas de doute, c’est bien la Trump Tower! Photo: CR.

 

Trump Tower: vue de l'atrium. Photo: CR.
Trump Tower: vue de l’atrium. Photo: CR.

 

Boutique Trump Pence. Photo: CR.
Boutique Trump Pence. Photo: CR.

 

Une petite soif? La Trump Water est là! Photo: CR.
Une petite soif? La Trump Water est là! Photo: CR.

Contente d’avoir visité la Trump Tower, je me dirige alors vers ses petites soeurs. Et oui, sachez qu’il y a plusieurs tours Trump à New York, mais la plus connue reste celle de la 5e Avenue. Direction donc le 40, Wall Street, où se situe le Trump Building. Le bâtiment fait partie des Landmarks de la ville de New York, c’est à dire qu’il s’agit d’un site historique d’intérêt national. Construit en 1929-30, le 40, Wall Street était alors le plus haut édifice au monde. Il était le siège de la Bank of Manhattan jusqu’à 1960 et a été racheté par la Trump Organisation en 1995.

Trump Building sur Wall Street. Photo: CR
Trump Building sur Wall Street. Photo: CR

Après Wall Street, je me dirige midtown vers la 1ère Avenue où se trouve un autre bâtiment estampillé Trump. En effet, en face du siège des Nations Unies, se trouve la Trump World Tower. Le bâtimement de 72 étages a été construit de 1999 à 2001, et sa couleur sombre me rappelle quelque peu la tour de la 5e Avenue. La Trump World Tower est essentiellement résidentielle.

Trump World Tower. Photo: CR
Trump World Tower. Photo: CR


Double cinquantenaire pour l’Ile Maurice !

Je ne vous apprends rien ! L’Ile Maurice a fêté le cinquantième anniversaire de son indépendance le 12 mars dernier. Cet événement a été l’occasion d’un foisonnement d’écrits et d’articles, ainsi que de célébrations pour le pays entier et pour les Mauriciens, qui ont fièrement arboré les couleurs du quadricolore national.

Par contre, chers ami-e-s, je peux ici vous apprendre quelque chose… L’Ile Maurice fête ce mardi 24 avril 2018 un autre cinquantenaire ! Non non, il ne s’agit pas de l’accès au statut de République. Vous ne trouvez pas de quoi je parle ? C’est tout à fait normal, car il s’agit d’un anniversaire quelque peu méconnu. Il s’agit des 50 ans de l’adhésion de l’ile à l’Organisation des Nations Unies (ONU).

En effet, c’est le 24 avril 1968 que le tout premier Premier ministre mauricien, Sir Seewoosugur Ramgoolam, s’est adressé aux ambassadeurs et diplomates onusiens de la tribune de l’Assemblée Générale des Nations Unies. L’Ile Maurice devient alors le 124ème pays à être admis à l’ONU. Le Secrétaire Général de l’ONU était à l’époque le Birman U Thant, troisième secrétaire général de l’organisation de 1961 à 1971.

 Sir Seewoosagur Ramgoolam, s’adressant à l’Assemblée Générale de l’ONU, avec derrière lui (g. à dr.), U Thant, Secrétaire Général ;lCorneliu Manescu, Président de l’Assemblée Générale ; et C.V Narasimhan, Chef de Cabinet. Crédit : UN Photo/Teddy Chen 24 avril 1968.
Sir Seewoosagur Ramgoolam, s’adressant à l’Assemblée Générale de l’ONU, avec derrière lui (g. à dr.), U Thant, Secrétaire Général ;Corneliu Manescu, Président de l’Assemblée Générale ; et C.V Narasimhan, Chef de Cabinet. Crédit : UN Photo/Teddy Chen 24 avril 1968.

Le tout premier Représentant permanent de l’Ile Maurice auprès des Nations Unies est Pierre Guy Girald Balancy. L’homme politique a présenté ses lettres de créance au Secrétaire général des Nations Unies le 16 mai 1968. Fin diplomate et négociateur, Pierre Guy Girald Balancy a été élevé au rang de Commandeur de l’Empire britannique, Commander of the Most Excellent Order of the British Empire (CBE), le 14 juin 1969, par sa Majesté la Reine Elisabeth II.

Pierre Guy Girald Balancy, présentant ses lettres de créance au Secrétaire Général des Nations Unies, le 16 mai 1968. Crédit : UN Photo/Teddy Chen
Pierre Guy Girald Balancy, présentant ses lettres de créance au Secrétaire Général des Nations Unies, le 16 mai 1968. Crédit : UN Photo/Teddy Chen.

Cinquante ans après, l’Ile Maurice est toujours bel et bien présente aux Nations Unies. Lors d’une réception organisée le 27 mars 2018 à New York,dans le cadre du cinquantième anniversaire de l’indépendance, l’actuel Représentant permanent de l’Ile Maurice auprès des Nations Unies, SE M. Jagdish Dharamchand Koonjul, a d’ailleurs rappelé que l’Ile Maurice a adopté une politique d’implication active dans les relations internationales dès son adhésion à l’ONU.

Jagdish Dharamchand Koonjul, en compagnie de Ban Ki-moon. UN Photo/Rick Bajornas
Jagdish Dharamchand Koonjul, en compagnie de Ban Ki-moon. UN Photo/Rick Bajornas Novembre 2015.

La Mission permanente de l’Ile Maurice auprès des Nations Unies est structurée et hiérarchisée comme suit : Représentant permanent, « Minister Counsellor », Premier secrétaire et Second secrétaire. Le fait d’être un pays à la fois anglophone et francophone est un avantage qui permet à l’Ile Maurice, ainsi qu’à ses ressortissants, de se positionner dans les diverses instances du système onusien.
Par ailleurs, et sur une note beaucoup plus légère et personnelle, comment décrire l’immense sentiment de joie et de fierté que j’ai ressenti en voyant, pour la première fois, un dodo au siège des Nations Unies, à New York. Indescriptible !

Comment décrire la joie que je ressens à chaque fois que je passe devant ce dodo aux Nations Unies!
Comment décrire la joie que je ressens à chaque fois que je passe devant ce dodo aux Nations Unies ! Photo:CR.

Ce dodo doré a été offert par l’Ile Maurice aux Nations Unies en 2002. Il y est exposé parmi de prestigieuses œuvres d’art, certaines anciennes et d’autres contemporaines, venues des États du monde entier. Le voir est pour moi une immense source de fierté, preuve que l’Ile Maurice est bien présente et vivante aux Nations Unies !


Columbia University: entre histoire et art

Aujourd’hui, je vous propose une balade dans l’une des plus anciennes universités des Etats-Unis: Columbia University ! Entre histoire et art, découvrez un lieu chargé de mythes et de magie.

Je ne vous apprends rien : Columbia University est l’une des nombreuses raisons pour laquelle les étudiants et enseignants chercheurs du monde entier se rendent à New York. Selon les statistiques de l’université, en 2017, 48% des étudiants du campus de Morningside Heights sont des aliens, des étrangers. Qu’est-ce qui attire donc tout ce beau monde à Columbia?

Etre inscrit à Columbia University, c’est d’abord intégrer l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses universités des Etats-Unis. L’institution à été fondée en 1754 et s’appelait à l’époque Kings College. Elle change de nom en 1784, dans le sillage de la Guerre d’indépendance des Etats-Unis et la Déclaration de l’indépendance, et devient le Columbia College. Ce n’est qu’un siècle plus tard, soit en 1896, que l’institution prend le nom de Columbia University. Pour la petite histoire, le nom Columbia tire ses origines de Christophe Colomb, dont la traduction anglaise est Christopher Columbus. Avant la Guerre d’indépendance des Etats-Unis et vu d’Europe, notemment de l’Empire britannique, Columbia, représentait alors le Nouveau Continent et la génération fondatrice des Etats-Unis. Au fil des siècles, le terme a été approprié par les Founding Fathers et s’est imposé pour refléter l’identité d’un nouveau pays indépendant: les Etats-Unis d’Amérique.

 

La Butler Library de Columbia University impressionne.
La Butler Library de Columbia University impressionne. Crédit: CR.

Etre inscrit à Columbia University c’est aussi intégrer le club très select des universités de l’Ivy League! L’Ivy League regroupe les huit universités les plus élitistes des Etats-Unis, et est souvent synonyme d’excellence et de réussite. Outre Columbia University, les sept autres universités de l’Ivy League sont Brown University, Cornell University, Dartmouth College, Harvard University, the University of Pennsylvania, Princeton University, et Yale University. Les cinq derniers Présidents des Etats-Unis sont tous issus de l’Ivy League: Yale pour les Présidents Clinton et Bush (père et fils), Pennsylvania pour Trump et Columbia pour Obama.

Columbia University est l'alma mater des Présidents Obama et Roosevelt.
Columbia University est l’Alma Mater des Présidents Obama et Roosevelt. Crédit: CR.

Etudier à Columbia University c’est donc marcher dans les pas de l’Histoire. Au campus de Monrningside Heights, l’histoire est partout présente: dans l’architecture et sous forme de monuments, d’inscriptions et de sculptures, entre autres. Parmi celles qui m’ont le plus marquée: Le Penseur de Rodin et le Scholar’s Lion!

J'ai été ravie de découvrir Le Penseur d'Auguste Rodin, au coeur du campus.
J’ai été ravie de découvrir Le Penseur, d’Auguste Rodin, au coeur du campus! Crédit: CR.

 

Mais ma sculpture préférée est le Scholar's Lion!!
Mais ma sculpture préférée est le Scholar’s Lion!! Crédit: CR.

D’ailleurs le surnom associé à Columbia est Lions. Et bien entendu, quand on est un lion, on a droit à une part gigantesque du gâteau financier, ce qui permet de se consacrer à la recherche, entre autres. La prestigieuse Columbia University est donc l’un des lieux privilegiés où s’écrit l’histoire et où progresse la recherche. Cependant, il ne faut pas l’oublier, il n’y eut jamais si grand lion qui n’eut besoin d’une souris!


Merci pour vos voeux!

Merci pour tous vos voeux. Ces nombreuses marques d’affection me touchent. Sinon, il paraît que c’est à 50 ans que l’on fait sa crise. Alors je vais attendre, et je vous dirai…

50 ans. Normalement, à cet âge précis, on est assez vieux pour dresser un bilan de sa vie, mais aussi encore assez jeune pour relever de nouveaux défis et tenter de nouvelles aventures. Je vais donc essayer quelque chose d’inédit: regarder dans le rétroviseur de ma vie, sans fards, ni concessions.

Où ai-je réussi? Où ai-je échoué? Mes enfants d’outre-mer ont-ils honte de moi? Mes enfants d’ici sont-ils fiers de moi? Mes démons, ceux que j’ai faits, ceux qui m’ont faite et dont je porte les cicatrices, cesseront-ils jamais de m’emprisonner? Je suis leurs, comme ils sont miens, mais le passé, aussi violent, sanglant ou aussi solaire soit-il, ne doit pas m’empêcher d’avancer.

De quoi suis-je fière? De quoi ai-je honte? En somme, je suis fière de ma famille: composée, décomposée, recomposée, au fil de siècles d’amour, de déchirures, de retrouvailles et de ruptures. J’ai été et je suis témoin de tant de choses. Je ne m’attarderai pas sur la longue liste de faits, de méfaits et de scandales qui m’ont éclaboussée et défigurée. Je suis loin d’être parfaite mais j’ai toujours relevé la tête.

À 50 ans, je réalise cependant avec effroi qu’il y a encore tant de chemin à faire. Les années retournent pourtant leurs vestes en un rien de temps. Cependant, le statu quo perdure. Malgré les divisions et problèmes, il faut toujours sauver la face, présenter une unité de façade disent mes enfants. Tiens donc…

Il paraît que c’est à 50 ans que l’on fait sa crise. Qu’en est-il de la matriarche que je suis? Il n’y a pas d’ordre sans désordre. Mon coup de gueule: j’en ai marre que l’on me parle de mon passé! Parlons de mon futur! À mes enfants à venir: vous naitrez sans doute de ma crise de la cinquantaine et vous vaincrez. Vous vaincrez contre les clichés, la violence, l’injustice et les préjugés. Vous vous approprierez et porterez ma jeune identité. Celle de tout un peuple. La nôtre.

Sinon, il paraît aussi que c’est à 50 ans que l’on est la plus indépendante, la plus libre d’être soi-même. Alors, que tombe le masque et que se poursuit la fête!! Mon nom: l’Île Maurice!

*

NdlR: Merci à R.B qui m’a beacoup inspirée pour le chapeau 🙂


Grandiose Grand Central Station

Lady Gaga. Duo avec Beyonce en 2010 : « Telephone ». C’est grâce à cette chanson que j’ai entendu parler de Grand Central Station pour la première fois. Et je me demandais à l’époque, mais qu’est-ce donc ce Grand Central Station, tout en ayant la flemme d’aller chercher sur Google… Bref…

Voilà que huit ans plus tard, plus besoin de Google, car j’y suis allée à ce fameux Grand Central Station. Le premier mot qui me vient à l’esprit, en y étant, est : grandiose !

L’architecture est impressionnante. Les lieux sont beaux, vastes, avec de magnifiques lustres et baies vitrées, des balustrades et des balcons, et une superbe voûte turquoise décorée de constellations.

A un moment, je me suis même sentie dans le Titanic avec Leonardo DiCaprio, grâce au décor qui rappelle celui des grands hôtels des années 1900. On a du mal à croire que l’on se trouve dans une… gare ferroviaire !

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Grand Central Station, ou Grand Central Terminal, n’est pas la plus ancienne gare de New York City. En effet, la ville a connu des voies ferroviaires depuis la fin des années 1840, mais ce n’est qu’en 1903 qu’un groupe d’architectes en dessine les plans. La construction de la gare s’achèvera dix ans plus tard. Grand Central Terminal fut inauguré en février 1913. Une fois de plus, comment ne pas penser au Titanic (au vrai, pas au film), qui avait coulé en avril 1912, alors qu’il se dirigeait vers New York…

Vous l’aurez compris, on ressent de nombreuses émotions en visitant Grand Central Station ! La gare est d’ailleurs classée « National Historic Landmark », ce qui en fait l’un des lieux les plus visités de New York. Au fil des ans, cette gare s’est aussi transformé en un espace commercial avec de nombreux magasins et aussi le Grand Central Market, une sorte de halle ou marché couvert. Du fromage aux sushis, en passant par les fleurs, on y trouve de tout. Attention toutefois à certains prix qui peuvent être élevés.

Quoi qu’il en soit, Grand Central Station est un endroit à ne pas rater ! Mon prochain arrêt : quelque part, où le vent me portera 🙂


Regards sur la démocratie, cette éternelle adolescente

Démocratie. Voilà un ancien mot, mais qui parvient toujours à se maintenir dans l’actualité et dans l’air du temps. Toujours branchée, la démocratie ressemble à une adolescente qui ne vieillit jamais. Est-ce gage de danger ou de sécurité?

«Il n’y a pas de paradis perdu, sauf dans l’imaginaire des gens». Tel un paradis perdu, la démocratie parfaite n’existe pas, explique Pascal Boniface, géopolitologue français de renom. Le temps d’une conférence tenue le 23 novembre 2017 à l’Institut Français de Maurice, il est revenu sur les enjeux et les perspectives de la démocratie.

Pascal Boniface à l’Ile Maurice.

Selon Pascal Boniface, la démocratie est en crise, mais elle progresse. Ce progrès s’articule autour de trois axes: le taux d’alphabétisation de la population, le produit intérieur brut (PIB) par habitant et l’ADN stratégique de chaque pays.

Suite à ce dernier axe, on pourrait être tenté de croire que chaque pays construit donc son propre modèle démocratique, en vase clos. Or, tel n’est pas le cas.

 

La démocratie dans un monde globalisé

Nous vivons dans un monde hyperconnecté, où notre rapport à l’autre, au temps et à la distance a été bouleversé par les technologies de l’information et de la communication. Comme l’a si bien rappelé Pascal Boniface  :

«Vous ne pouvez pas ignorer ce qui se passe dans le monde, car ce qui se passe dans le monde ne vous ignore pas.»

Peu importe le pays dans lequel nous vivons, ce qui se passe ailleurs aura forcément des conséquences, de près ou de loin, dans notre vie. C’est ça le monde globalisé.

Le premier empire de cet âge global s’avère être les Etats-Unis d’Amérique. Il n’y a, à l’heure actuelle, pas d’équivalence à la puissance étasunienne. L’élection de Donald Trump en est le parfait exemple.

Pour Pascal Boniface, cela a été une élection mondiale au suffrage censitaire. Le monde entier, même s’il n’avait pas droit au vote, a suivi cette élection, car il savait, consciemment ou pas, que le verdict des urnes aurait un impact dépassant largement les frontières étasuniennes.

Par ailleurs, la puissance à l’ère globale ne se jauge pas uniquement en termes d’armes ou de guerres gagnées, elle s’évaluerait aussi en matière de soft power.

«Xi Jinping a envoyé sa fille étudier aux Etats-Unis. Mais les filles d’Obama ne vont pas étudier en Chine!»

La démocratie se construit graduellement

Nous vivons donc dans un monde globalisé, qui n’est ni unipolaire, ni bipolaire, ni multipolaire. Nous vivons simplement dans un monde qui émerge de cinq siècles de monopole occidental de la puissance. Ailleurs que dans le monde occidental, des démocraties naissent, se construisent, grandissent avec le temps. Pour Pascal Boniface :

«La démocratie n’est pas un produit instantané.»

La Corée du Sud et Taïwan sont deux exemples de démocratie qui se sont imposées graduellement, sans révolution, explique le géopolitologue. Plus proche dans le temps, on pourrait aussi citer l’exemple de la récente chute de Mugabe au Zimbabwe.

L’instantanéité, un danger pour la démocratie

Si la démocratie n’est pas un produit instantané, l’ironie veut que nous vivons bel et bien, dans le temps de l’instantanéité. Or il s’agit là de l’un des principaux risques auquel fait face la démocratie. Pour le politologue, le risque est de perdre la perspective du long terme et de se fier uniquement au sondage du jour. Attention ici aux redoutables algorithmes des nouveaux médias et aux fake news

«Les gens ne font pas confiance à ceux pour lesquels ils votent»

Le vote est une arme à double tranchant: on peut voter pour promouvoir, mais on peut aussi voter pour sanctionner. Trump, Brexit, Le Pen. Ici et ailleurs, combien de fois les citoyens se sont-ils révoltés contre le verdict des urnes, contre la voix dite de la démocratie?

«En Chine, les individus font confiance à des gens pour lesquels ils ne votent pas. Ailleurs, les gens ne font pas confiance à ceux pour lesquels ils votent», résume Pascal Boniface. Est-ce là tout le drame de la démocratie, en tant que système politique?


Facebook, l’Ile Maurice et les pauvres

Facebook, la nouvelle soupape de bonheur pour les pauvres à l’Île Maurice ? Cette question s’est posée, suite à la lecture d’un article publié dans un hebdomadaire mauricien intitulé Le bonheur malgré la précarité.

A première lecture, rien ne cloche, au contraire. Cela fait du bien de lire un article sur la pauvreté qui ne verse pas dans le larmoyant, les clichés ou encore le fatalisme. Check ! Cela fait du bien de lire, dans Le Mauricien, que les gens sont heureux, malgré la pauvreté et des conditions de vie difficiles.

Cependant, à un second niveau de lecture, il y a bien quelque chose qui fait tiquer et réfléchir. Et pour cause, la source de ce bonheur incommensurable serait de… pianoter sur Facebook ! Photos et citations à l’appui, l’article nous décrit le vécu de femmes qui vivent dans des conditions précaires mais qui survivent grâce à Facebook. Certaines de ces femmes n’ont pas d’électricité chez elles, mais trouvent les moyens d’acheter des forfaits internet afin de partager et diffuser sur le réseau social. Une des intervenantes va même plus loin, sans Facebook, elle ne serait au courant de rien: ni des commérages, ni de l’actualité.

facebook - mauritius - ile maurice - mondoblog
Facebook, la panacée pour le bonheur ?

Mais quelqu’un a-t-il dit à cette femme qu’elle pouvait aussi consulter les sites internet des journaux et autres sites d’information pour connaître les nouvelles ? Vraisemblablement, non. Pour elle, comme pour bien d’autres, Facebook serait un moyen de s’évader, de s’informer, de s’amuser… Bref, Facebook serait la panacée ! « Je ne veux plus penser qu’aux problèmes. Je veux profiter de chaque moment. C’est pour cette raison que je suis sur Facebook », lance Maryline, une des femmes interviewées dans l’article.

Et c’est là qu’on peut dire avec effroi que l’entreprise de Mark Zuckerberg a réussi son incroyable pari. Celui de convaincre les gens qu’Internet se résume à Facebook ! Et que Facebook c’est Internet. Or rien n’est plus faux et rien ne serait plus dangereux.

Heureusement, certains s’y refusent. Lana, 28 ans, nous a expliqué qu’elle a décidé de fermer son compte Facebook car elle ne voyait plus rien de social à ce réseau. La jeune femme indique aussi que la réaction des personnes est parfois surprenante : «Depuis que je n’ai plus de compte, les gens me disent souvent des choses comme : Comment ça ? Tu ne sais pas qu’elle a eu trois bébés ? Qu’il a mangé du biryani de poulet hier soir ? Les photos sont partout sur Facebook pourtant ! Tu vis sur quelle planète ?!», raconte Lana.

En 2017, est-on donc une sorte d’extraterrestre quand on n’est pas sur Facebook ? En clair, est-ce aujourd’hui anormal de pas avoir de compte Facebook?  Ce réseau social serait-il devenu LA norme, LA condition sine qua none pour exister, non seulement sur internet, mais pour exister tout simplement ?

Un article de Quartz publié en 2012 en parlait: tel l’air que nous respirons ou tel un virus qui  aurait contaminé l’humanité entière, Facebook vise l’omniprésence. La nouvelle cible du réseau serait les pays émergeants et les pauvres. Et pour cela, nul besoin d’un smartphone dernier cri, une version zéro de Facebook a su s’adapter aux plus anciens des téléphones, histoire de mieux toucher les marchés cibles…

A l’heure des fake news en tous genres, l’idée que de nombreuses personnes puissent croire qu’Internet se résume à Facebook est effrayante. La pensée que de plus en plus d’individus construisent leur vision de la société et du monde en fonction des calculs de redoutables algorithmes est affolante. Basculerait-on vers une sorte de dystopie ?